mardi 13 janvier 2026

« Marine Le Pen rejugée… », l’éditorial de Sébastien Crépel.



L’appel interjeté par Marine Le Pen de sa condamnation dans l’affaire dite des assistants parlementaires du FN-RN n’a pas d’autre objectif que de forcer le passage de sa candidature à l’élection présidentielle. Ses proches l’assument : rejugée à partir de ce mardi, elle ne reconnaîtra aucun des faits qui lui sont reprochés, fidèle à la ligne de défense de son premier procès.

Sauf surprise, la cour d’appel devra donc fonder sa décision sur la base des éléments déjà connus. Quoiqu’elle se dise « innocente », la triple candidate à la présidentielle espère moins une hypothétique relaxe qu’une atténuation de sa peine qui lui rouvre la voie d’une quatrième campagne.

La logique voudrait que les mêmes infractions conduisent à une sentence similaire. La députée du RN sait cette probabilité élevée, et c’est pourquoi elle attaque sur le terrain politique. « Les juges ont le droit de vie et de mort sur la candidate à la présidentielle que je suis, déclarait-elle sur Europe 1, le 18 décembre. En me défendant, je défends aussi la liberté des Français de voter pour qui ils le souhaitent. »

Le problème pour Marine Le Pen est que, depuis sa condamnation en première instance, de l’eau a coulé sous les ponts, y compris dans son propre parti. Et qu’un autre candidat l’a quasiment « grand remplacée » dans le cœur de son électorat.

Difficile de faire croire au public, comme elle en a eu la prétention en 2025, que toute une machination judiciaire a été montée pour l’abattre au profit de Jordan Bardella, qu’elle a elle-même mis en selle.

Le tribunal n’est pas un congrès du RN, il n’a que faire de ses rivalités internes. Il n’est pas non plus un recours pour la gauche et tous les démocrates sincères qui espèrent solder la menace existentielle que fait peser le RN sur la République. Ce n’est pas le rôle de la justice, et le fait qu’une nouvelle figure ait émergé avec Bardella montre que l’attrait de l’extrême droite dépasse le clan familial des Le Pen.

La solution sera politique ou ne sera pas, et elle passera par la construction d’un projet et d’un rassemblement, que les juges décident ou non que Marine Le Pen est éligible en 2027.

 

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