En 2025, moins d’un Français sur deux (44 %) a visité une exposition
et 37 % affirment que cela ne les intéresse pas du tout. Les monuments,
eux, attirent toujours les foules (66 %), tout comme les concerts
(48 %). Le virtuel en revanche ne convainc qu’à moitié : les
expositions immersives, en plein boom, séduisent un tiers du public. « Le
message est clair : rien ne remplace le face-à-face avec l’œuvre ».
Parmi ceux qui ne fréquentent pas les expositions, 31 % invoquent
l’absence d’offre près de chez eux. Un chiffre qui grimpe à 40 % en zone
rurale. La pratique artistique, en revanche, se porte bien : 62 % des
Français déclarent pratiquer un art en amateur, 86 % chez les moins de
25 ans. Autre surprise, un tiers des sondés disent posséder au moins une
œuvre. L’art serait-il plus démocratique qu’on ne le raconte ? Sauf qu’il
n’occupe qu’une place congrue dans la vie des enfants : 82 % des
Français veulent que l’art soit enseigné à l’école.
Reste une
dernière donnée, inquiétante : la confiance accordée aux partis politiques
pour mener une politique culturelle s’est effondrée. Il y a vingt ans, la
gauche, incarnée par quelques figures fortes comme Jack Lang, faisait figure de
référence. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 8 % à donner du crédit au
Parti socialiste sur ces questions, 6 % à Renaissance, au pouvoir depuis
deux quinquennats.
Le
Rassemblement national (RN) en revanche recueille 18 % de confiance –
alors même que le RN méprise la création contemporaine et érige le patrimoine
en unique étendard. « C’est un chiffre qu’il faut nuancer, car quand on
demande aux Français à quel parti ils font confiance pour mener une politique
culturelle, la première réponse, c’est à aucun (28 %). Ce que ce chiffre
traduit avant tout, c’est que les Français se sentent proches du RN. C’est un
réflexe partisan plus qu’un réflexe culturel. »

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