vendredi 23 janvier 2026

« Face à Donald Trump, les Vingt-Sept doivent surmonter leurs divisions, l’éditorial de Lina Sankari.



Au sommet de sa richesse et de sa puissance, la vielle Europe naviguait entre légèreté et esthétisme avant que cet « âge d’or de sécurité » ne s’évanouisse dans l’hécatombe des deux guerres mondiales. Le continent n’est plus tout à fait celui d’avant 1914, décrit par Stefan Zweig dans le Monde d’hier.

Il reste menacé par ses propres démons, celui du nationalisme toujours résurgent notamment. Il l’est aussi – et c’est nouveau – par son plus puissant allié. Brutalité, vassalisation et prédation constituent la boussole du maître de la Maison-Blanche. Donald Trump use et abuse de l’humiliation parce qu’il en a le pouvoir, mais aussi parce qu’aucun obstacle ne se dresse sur son passage.

Emmanuel Macron se gargarise des mots autonomie stratégique, mais les slogans ne suffisent plus quand s’opèrent des ruptures inédites. L’Union européenne serait bien inspirée de passer au crible la nature de ses liens avec la première puissance mondiale et les subordinations qu’ils impliquent.

D’une défense indépendante au numérique en passant par la finance, l’énergie et l’industrie, seuls des investissements dignes de ce nom permettront d’y répondre. Y compris pour protéger les peuples à qui l’on ne promet qu’un avenir d’austérité et de guerre.

Ce chemin oblige à la construction de nouveaux partenariats avec les pays du Sud, respectueux de la souveraineté de chacun. Le choix invite au courage, car il implique de rechercher des formes de coopération émancipées du dollar. Les dirigeants européens doivent cesser de réagir au moindre coup d’éclat de Donald Trump. Le jeu est autant paralysant qu’épuisant.

Quand les Vingt-Sept retrouvent leur liberté d’action et surmontent leurs divisions, Donald Trump opère un recul tactique. Sans toutefois jamais renoncer à ses rêves de domination, comme l’illustre le cas du Groenland. L’Union est-elle prête à pousser le combat jusqu’au bout ?

L’instrument anti-coercition, qui équivaut à une suspension des investissements états-uniens et à l’exclusion des entreprises nord-américaines des marchés publics, est un outil dans ce rapport de force. Les Européens semblent sortir de la naïveté, à eux de construire une nouvelle doctrine géopolitique.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

MUNICIPALES - ROMAINVILLE : « résistance et innovation » (Robert Clément)

Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...