En France, on
dirait que l’extrême droite a disparu du paysage comme un vilain gros
mot. Il n’y aurait plus comme perspective que « l’union des
droites ». Pour Éric Ciotti,
dont on sait quel bon marché il
avait fait de son âme en s’alliant pour les
dernières législatives au Rassemblement national, elle est même « une
nécessité historique pour redresser le pays ». On se
souvient que ce fut une cause de rupture au sein des
« Républicains ».
Mais
où était donc le crime quand Bruno
Retailleau, désormais à
leur tête, déclare que le RN fait bien partie de
l’arc républicain ? Ce qui n’est pas le cas, selon lui, de
La France insoumise. Et que, dit-il, « j’assume de m’adresser aux
électeurs du RN pour que l’union des droites se fasse dans
les urnes ».
On voit ce qui
se dessine comme accords, lesquels ne peuvent dans ces conditions que
se multiplier pour les élections municipales toutes proches. Les
digues ont sauté. C’est fini, les pincettes et les mouchoirs sur le
nez. Mais quid, qui et comment pour l’élection présidentielle dans à peine
plus d’un an ?
Le président
du RN, Jordan Bardella, avait toutes les raisons mardi, à la
veille du procès en appel de Marine le Pen, de se la jouer « cool »,
ou si l’on préfère, de rester sur la réserve. Le Journal du dimanche
venait, quarante-huit heures avant, de publier un sondage le mettant en
tête de toutes les personnalités pouvant
représenter précisément cette « union des droites »
avec 38 %, devant Marine le Pen à 22 %, Bruno Retailleau à
12 %. Le même sondage CSA, toujours selon le JDD, confirmant « l’attente
du peuple de droite d’une union la plus large possible, des Républicains au
Rassemblement national ».
Dans
ces conditions, nul besoin pour Jordan Bardella de
pavoiser. « Les Républicains » ont beau se poser la
question d’une primaire d’Édouard Philippe à Sarah Knafo pour en
arriver à une candidature, ils sont en passe d’offrir le premier rôle
sur un plateau au président du RN. Une jolie expression,
naguère, donnait la recette du pâté de cheval et d’alouette, à parts égales.
Pour un cheval, une alouette. Avec « l’union des droites »,
c’est l’extrême droite le cheval.

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