Le meurtre ignoble de Renee
Nicole Good, abattue froidement par un agent de la police
anti-immigration ICE à
Minneapolis est à lui seul un condensé du trumpisme. Au pays du
monarque milliardaire, où le virilisme machiste le dispute
à l’insulte et l’intimidation à l’impunité, les faits n’importent plus, la
vérité est subalterne et les mots vides de sens.
La milice
fédérale terrorise et le pouvoir excuse. Ainsi l’agent de l’ICE
aurait agi « en état de légitime défense » face à un cas
manifeste de « terrorisme intérieur », pérore la Maison-Blanche.
Tout, pourtant, des témoignages aux vidéos filmées par l’auteur des faits
lui-même, prouve explicitement le contraire.
Qu’importe,
Donald Trump contre-attaque, accusant publiquement la victime d’être « une
agitatrice de très haut niveau, probablement rémunérée ». En
inversant l’accusation, l’administration Trump fait d’une pierre deux
coups : il absout l’ICE de ses crimes et instille le doute sur
les intentions pacifistes de Renee Nicole Good. Pis, le FBI aux ordres
bloquerait les preuves dans l’enquête ouverte par les autorités
du Minnesota. Une entrave manifeste aux droits de la justice.
Mais
Minneapolis n’est pas dupe. La ville de George Floyd s’est
soulevée. Et dans son sillage des dizaines de manifestations ont eu lieu
ce week-end à travers tout le pays. La résistance – qui ne s’est jamais
tue – regagne du terrain, portée par les consciences citoyennes et les élus des
grandes villes démocrates.
Contre
l’impérialisme et le vol des richesses érigés en politique étrangère,
contre le suprémacisme blanc, la traque des migrants et les violences
policières qui tiennent désormais lieu de stratégie intérieure. Trump
fracture tout.
Dans sa politique du
chaos, le droit international et le multilatéralisme n’ont plus droit de
cité ; la cohésion nationale
et le vivre-ensemble non plus. Les obsessions migratoires
du pouvoir ont profondément divisé la société états-unienne. Trump a ouvert des
plaies béantes, dont il est difficile de mesurer les conséquences à long
terme.

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