lundi 12 janvier 2026

« Face à la milice meurtrière de Trump, le soulèvement de la population gagne du terrain », l’éditorial de Marion d’Allard.



Le meurtre ignoble de Renee Nicole Good, abattue froidement par un agent de la police anti-immigration ICE à Minneapolis est à lui seul un condensé du trumpisme. Au pays du monarque milliardaire, où le virilisme machiste le dispute à l’insulte et l’intimidation à l’impunité, les faits n’importent plus, la vérité est subalterne et les mots vides de sens.

La milice fédérale terrorise et le pouvoir excuse. Ainsi l’agent de l’ICE aurait agi « en état de légitime défense » face à un cas manifeste de « terrorisme intérieur », pérore la Maison-Blanche. Tout, pourtant, des témoignages aux vidéos filmées par l’auteur des faits lui-même, prouve explicitement le contraire.

Qu’importe, Donald Trump contre-attaque, accusant publiquement la victime d’être « une agitatrice de très haut niveau, probablement rémunérée ». En inversant l’accusation, l’administration Trump fait d’une pierre deux coups : il absout l’ICE de ses crimes et instille le doute sur les intentions pacifistes de Renee Nicole Good. Pis, le FBI aux ordres bloquerait les preuves dans l’enquête ouverte par les autorités du Minnesota. Une entrave manifeste aux droits de la justice.

Mais Minneapolis n’est pas dupe. La ville de George Floyd s’est soulevée. Et dans son sillage des dizaines de manifestations ont eu lieu ce week-end à travers tout le pays. La résistance – qui ne s’est jamais tue – regagne du terrain, portée par les consciences citoyennes et les élus des grandes villes démocrates.

Contre l’impérialisme et le vol des richesses érigés en politique étrangère, contre le suprémacisme blanc, la traque des migrants et les violences policières qui tiennent désormais lieu de stratégie intérieure. Trump fracture tout.

Dans sa politique du chaos, le droit international et le multilatéralisme n’ont plus droit de cité ; la cohésion nationale et le vivre-ensemble non plus. Les obsessions migratoires du pouvoir ont profondément divisé la société états-unienne. Trump a ouvert des plaies béantes, dont il est difficile de mesurer les conséquences à long terme.

 

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