lundi 8 septembre 2025

« Gouvernement Bayrou : la messe est dite », l’éditorial de Maud Vergnol



Il était temps que le pathétique chemin de croix de François Bayrou s’achève. Ce 8 septembre, la messe sera dite. Neuf mois après s’être imposé par la menace à Matignon, le maire de Pau, autosabordé par péché d’orgueil, nous aura infligé quinze jours d’une fatuité indigeste. Avant de partir, il aura fait les poches des malades, avec trois décrets présentés en catimini aux administrateurs de la Cnam visant à doubler le reste à charge des assurés sociaux.

On pourrait gloser encore sur le cas Bayrou, figure historique loufoque d’un extrême centre à l’agonie. L’essentiel n’est pas là, mais bel et bien dans la crise de régime profonde dans laquelle notre pays est plongé. Celle que le pouvoir veut faire passer pour une simple crise économique liée au poids de la dette, sans jamais remettre en cause la politique qui l’a engendrée.

Les quinquennats Macron auront au moins permis une chose : la prise de conscience d’une grande majorité de Français de l’impasse de la politique de l’offre, du gavage des grandes fortunes au détriment du bien commun, des services publics, de la transition écologique. En trente ans, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes a été multiplié par 14 ! La France compte aujourd’hui plus de 11 millions de pauvres. Une majorité de Français ne peuvent plus vivre correctement de leur travail dans un pays redevenu une société d’héritiers !

Qui peut laisser croire que la clé n’est pas là, dans l’urgence absolue d’une nouvelle répartition des richesses ? Les inepties sur le « ruissellement » ou la fuite des grandes fortunes ne dupent plus personne. Alors que Bayrou nous promettait le chaos en cas de taxation des plus riches, le Conseil d’analyse économique rendait une étude au constat sans appel : la taxation des plus fortunés n’entraînerait une hausse que de 0,2 % des exils fiscaux.

Les mots doux que s’échangent le RN et le grand patronat, prêt à collaborer avec l’extrême droite, révèlent au grand jour l’imposture sociale du parti de Marine Le Pen. Il faut lire la lettre de Jordan Bardella « aux entrepreneurs », auxquels il assure incarner « le véritable garant de la stabilité économique ». On ne saurait le dire plus clairement… La colère sociale dit tout autre chose : le besoin vital de changer de cap.

 

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