Alors que le
premier ministre aurait pu profiter des quelques semaines avant la rentrée
parlementaire pour lâcher des miettes et tenter de s’assurer ainsi d’échapper à
la censure, le choix d’accélérer le calendrier en demandant un vote de
confiance le 8 septembre ressemble
à un coup de poker mal maîtrisé.
Qui peut raisonnablement
penser qu’imposer un vote de confiance avec pour seul argument « moi ou le
chaos » sera une stratégie gagnante ? Pour les oppositions, ne pas
voter contre la confiance – donc s’abstenir – serait synonyme de soutien sans
participation.
D’ailleurs,
l’ensemble des forces d’opposition ont rapidement déclaré qu’elles voteraient
contre. Il faut donc admettre que le choix de se soumettre à un vote de
confiance a un autre but que de sauver le soldat Bayrou et son
budget. C’est un gambit pitoyable.
La vérité est
que la convocation en urgence du Parlement est une tentative désespérée de
désamorcer la colère sociale et populaire qui enfle dans le pays.
La pétition de
l’intersyndicale déjà signée par plus de 350 000 personnes, les multiples
mobilisations sociales dans diverses professions, la mobilisation du
10 septembre et ses
revendications de justice sociale et fiscale, l’engagement de l’ensemble des
forces de gauche pour faire réussir la riposte et, pour l’instant, la mise hors
jeu du RN, qui ne peut accepter de faire payer les riches… autant d’éléments
qui prouvent l’existence d’une aspiration à un changement profond et portent
une perspective potentielle de transformation structurelle de la société.
Et c’est cela
qui terrifie les tenants de l’ordre établi. En programmant la chute du
gouvernement le 8 septembre, Bayrou et Macron espèrent gagner du temps et
ouvrir une nouvelle période d’incertitude politique qui privera la colère
populaire d’objets contre lesquels s’exprimer.
Déjouer la
manœuvre implique de ne rien lâcher en termes de revendication et de
rassemblement pour les mouvements sociaux et populaires en cours et à venir.
Pour les organisations politiques de gauche, il s’agit d’être à la hauteur du
moment pour commencer à redonner une perspective et une cohérence
transformatrice. La Fête de l’Humanité sera une des grandes occasions pour lier tous ces
fils et commencer à tisser un autre avenir.

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