mardi 19 août 2025

« La voie du droit international », l’éditorial de Diego Chauvet.



Alors que les morts se comptent par milliers sur le champ de bataille, le danger serait de ne s’enfermer que dans deux alternatives : une paix en Ukraine aux seules conditions de Poutine et de Trump, ou la poursuite d’une guerre sans fin. C’est pourtant ce qui semblait se dessiner lundi 18 août, à l’heure où ces lignes étaient écrites, au moment où le président des États-Unis recevait Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens. Après avoir rencontré Vladimir Poutine, le locataire de la Maison-Blanche n’a pu que constater que son homologue russe, en position de force sur le plan militaire, est plus que jamais décidé à imposer une paix à son seul avantage, dont les États-Unis pourraient aussi recueillir les fruits en matière de ressources naturelles ukrainiennes et d’accords géopolitiques plus larges avec la Russie. Trump met donc une pression maximale sur le président ukrainien pour que celui-ci capitule.

À l’inverse, les Européens semblaient vouloir maintenir la pression… par la poursuite de la guerre, persuadés de pouvoir affaiblir la Russie au point que Vladimir Poutine finisse par s’avouer vaincu et batte en retraite. Ce scénario, qui néglige l’inefficacité d’une stratégie mise en place depuis février 2022, conduirait tout droit vers une longue guerre d’usure, faisant fi d’un bilan humain déjà insoutenable.

L’alternative entre ces deux positions n’est pas la capitulation ou le lâchage de l’Ukraine. Elle implique de sortir de ce duo mortifère entre États-Unis et Russie, sur lequel l’Europe n’a eu jusqu’alors aucune prise. Le cessez-le-feu reste possible, à condition qu’il ouvre la voie à des discussions beaucoup plus larges. Il est temps pour les Européens d’être à l’initiative d’une conférence internationale rassemblant d’autres acteurs du monde, y compris des alliés de la Russie qui peuvent faire pression sur Vladimir Poutine, pour discuter de toutes les options possibles vers un accord de paix, de la question des frontières à celle d’une architecture sécuritaire qui garantisse la souveraineté de la Russie autant que celle de l’Ukraine. C’est la voix de la diplomatie et du droit international.

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