Alors que les
morts se comptent par milliers sur le champ de bataille, le danger serait de ne
s’enfermer que dans deux alternatives : une paix en Ukraine aux seules
conditions de Poutine et de Trump, ou la poursuite d’une guerre sans fin. C’est
pourtant ce qui semblait se dessiner lundi 18 août, à l’heure où ces
lignes étaient écrites, au moment où le président des États-Unis recevait
Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens. Après avoir rencontré Vladimir
Poutine, le locataire de la Maison-Blanche n’a pu que constater que son
homologue russe, en position de force sur le plan militaire, est plus que
jamais décidé à imposer une paix à son seul avantage, dont les États-Unis
pourraient aussi recueillir les fruits en matière de ressources naturelles ukrainiennes
et d’accords géopolitiques plus larges avec la Russie. Trump met donc une
pression maximale sur le président ukrainien pour que celui-ci capitule.
À l’inverse,
les Européens semblaient vouloir maintenir la pression… par la poursuite de la
guerre, persuadés de pouvoir affaiblir la Russie au point que Vladimir Poutine
finisse par s’avouer vaincu et batte en retraite. Ce scénario, qui néglige
l’inefficacité d’une stratégie mise en place depuis février 2022, conduirait
tout droit vers une longue guerre d’usure, faisant fi d’un bilan humain déjà
insoutenable.
L’alternative
entre ces deux positions n’est pas la capitulation ou le lâchage de l’Ukraine.
Elle implique de sortir de ce duo mortifère entre États-Unis et Russie, sur
lequel l’Europe n’a eu jusqu’alors aucune prise. Le cessez-le-feu reste
possible, à condition qu’il ouvre la voie à des discussions beaucoup plus
larges. Il est temps pour les Européens d’être à l’initiative d’une conférence
internationale rassemblant d’autres acteurs du monde, y compris des alliés de
la Russie qui peuvent faire pression sur Vladimir Poutine, pour discuter de
toutes les options possibles vers un accord de paix, de la question des
frontières à celle d’une architecture sécuritaire qui garantisse la
souveraineté de la Russie autant que celle de l’Ukraine. C’est la voix de la
diplomatie et du droit international.

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