L’arraisonnement
par l’armée israélienne du voilier Madleen, chargé d’aide humanitaire à
destination de la bande de Gaza sous blocus, et l’arrestation des douze
militants qui se trouvaient à son bord bafouent le droit maritime et la liberté
de venir en aide à un peuple qui subit un génocide.
Dans la nuit du
8 au 9 juin 2025, un nouveau crime contre la paix a été commis. Sous nos
yeux, dans les eaux internationales, l’armée israélienne a arraisonné le voilier Madleen, affrété par la Coalition de la flottille de la
liberté. Ce mouvement qui réunit de nombreuses ONG, non violentes, tente depuis
quinze ans de briser le blocus illégal de Gaza pour apporter aide humanitaire
et espoir à un peuple martyrisé.
La flottille de
la liberté, avec son modeste voilier chargé de jus de fruits, de riz, de
conserves et de fournitures pour enfants, n’est pas une provocation, comme le
prétendent les autorités israéliennes. C’est un cri d’humanité, un défi
pacifique à un blocus et un génocide qui tuent à petit feu.
Nous nous
rappelons qu’en 2010, l’attaque du Mavi Marmara par des commandos
israéliens avait fait neuf morts, révélant, déjà, la brutalité d’un État prêt à
tout pour maintenir son emprise coloniale. Quinze ans plus tard, l’histoire
bégaie, même si cette fois-ci, aucun militant n’a été blessé, ni tué fort
heureusement.
Le silence complice de l’Union européenne
À bord, douze
militants, dont la députée européenne
Rima Hassan, l’activiste
climatique Greta Thunberg, un journaliste du média Blast, Yanis Mhamdi, Pascal
Maurieras, marin CGT, ont été arrêtés, leurs communications coupées, leur
bateau détourné vers le port d’Ashdod. Leur seul « crime » ?
Vouloir briser un siège inhumain qui, depuis bientôt deux décennies, étouffe
Gaza et plonge ses habitants dans une détresse indescriptible. Ce n’est pas
seulement une attaque contre un bateau : c’est une agression contre
l’humanité entière, contre le droit international, contre l’idée même de
solidarité.
Gaza n’est plus
une prison à ciel ouvert mais un cimetière, un charnier que plus personne, même
les soutiens indéfectibles au gouvernement israélien d’extrême droite, ne peut
nier. Ce scandale ne doit pas rester sans réponse. L’interception du Madleen
dans les eaux internationales est une violation flagrante du droit maritime, un
acte de piraterie d’État perpétré par un gouvernement israélien qui, sous la
houlette de Benyamin Netanyahou, assume sans honte sa logique
jusqu’au-boutiste.
Cette
arrestation est illégale car elle bafoue la liberté de navigation et la liberté
de venir en aide à un peuple qui subit un massacre, un nettoyage ethnique, un
génocide. Pourtant, face à ce forfait, le silence d’Emmanuel
Macron et des dirigeants européens est
assourdissant. Leur inaction tient de la complicité tacite avec un régime qui,
jour après jour, multiplie les crimes contre le peuple palestinien et bafoue le
droit international. Pourquoi Netanyahou arrêterait-il ? C’est le silence
qui accompagne chacune de ses transgressions de la légalité internationale.
Pourquoi alors se priverait-il d’un kidnapping de plusieurs de nos
ressortissants, dans les eaux internationales ?
Une population au bord de la famine
Gaza est
détruite, Gaza est asphyxiée, Gaza se meurt mais plus personne ne peut, ne doit
garder le silence. Depuis octobre 2023, l’ONU recense dans l’enclave
palestinienne plus de 53 000 morts, dont 14 500 enfants, victimes des
bombardements indiscriminés. Ce siège, qualifié d’illégal par de nombreux
juristes, est une punition collective qui prive 2 millions de personnes
d’accès à l’eau, à la nourriture, aux médicaments et à la dignité.
L’Organisation
mondiale de la santé alerte : le système de santé s’est effondré, et
100 % de la population survit sous la menace de famine. Ce n’est pas une
crise humanitaire naturelle, mais une catastrophe orchestrée par un État qui,
sous prétexte de « sécurité », nie le droit à l’existence d’un peuple
et veut simplement le rayer de la carte pour expulser les Gazaouis vers les pays arabes
voisins.
Dans un monde
de domination, de violences, de surarmement, de logiques bellicistes, la
flottille de la liberté incarne une autre voie : celle de la solidarité,
de la fraternité, de la non-violence, de la justice et de la paix. Les douze
militants arrêtés doivent être protégés et libérés au plus vite. Mais surtout,
l’aide humanitaire de plus de 9 000 camions qui attendent aux frontières
de Gaza doit pouvoir rentrer, un couloir humanitaire ouvert et sécurisé doit
être instauré et un cessez-le-feu durable doit être conclu. Les otages doivent
retrouver leurs familles. Les prisonniers politiques palestiniens également. Le
17 juin prochain, le silence devra se transformer en un acte fort :
que la France reconnaisse enfin
l’État palestinien.

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