La séquence
restera dans l’histoire. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, intervient, grave,
devant les Français, pour expliquer que la Russie est devenue une menace
existentielle pour l’Europe et la France, et, qu’en conséquence, il est vital
d’augmenter significativement notre effort militaire.
Le ministre des
Armées plaide pour une trajectoire portant le budget militaire à
100 milliards d’euros contre 47 milliards en 2024 et plus de
50 milliards cette année. Dans le même temps, Ursula von der Leyen, la présidente
de la Commission européenne, annonce un plan de 800 milliards et explique
que les dépenses militaires seront sorties du calcul du déficit plafonné à
3 % du PIB.
Des milliards à
gogo… « C’est le prix de la liberté et de la sécurité »,
assène-t-on à ceux qui s’interrogent. Pourtant, les questions demeurent, à
commencer par celle-ci : d’où sortent ces milliards ? Le président de
la République l’a affirmé bien fort, l’explosion des dépenses militaires se
fera « sans augmenter les impôts ». En clair, aucun effort ne
sera demandé aux plus riches, pas plus qu’aux entreprises pour « payer
le prix de la liberté et de la sécurité ».
La seule
augmentation sera celle du temps de travail, justifiée par l’économie de
guerre.
Au contraire,
ils continueront de bénéficier de dispositifs d’exonération pour les uns et de
dizaines de milliards d’aides publiques pour les autres. Quant aux actionnaires
des industries de l’armement, pour eux, c’est d’ores et déjà le jackpot avec
des cours qui s’envolent en Bourse. Alors ?
Pour trouver
l’argent, le pouvoir va faire les poches des salariés, des retraités, des
précaires, des chômeurs. La seule augmentation sera celle du temps de travail,
justifiée par l’économie de guerre. Sans oublier les saignées dans les
budgets sociaux, environnementaux, sanitaires…
L’enseignement
supérieur et la recherche se voient amputés d’un milliard d’euros. Un choix qui
fragilise l’avenir mais également cette fameuse sécurité qu’Emmanuel Macron
nous promet de garantir. En affaiblissant notre système de recherche et de
formation, on oublie que la sécurité des individus et des pays n’est pas qu’une
question d’armes.

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