Javier Milei en
Argentine, Benyamin Netanyahou en Israël, Donald Trump aux États-Unis, Giorgia
Meloni en Italie… Cette internationale d’extrême droite qui est désormais au
pouvoir dans nombre de pays partage une même haine de ce qu’ils appellent le
« wokisme ». Un mot-valise bien utile pour ranger tous ceux qui
portent une vision de la société et des rapports sociaux qui ne soit pas
uniquement basée sur la raison du plus fort, du plus puissant ou du plus riche.
Mais, derrière
le « wokisme », c’est en fait le concept même d’égalité qui est dans
la ligne de mire. La glorification du virilisme et de ses influenceurs adeptes
de la toute-puissance du « mâle alpha » vise ainsi à revenir sur des
décennies de combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce
virilisme, on le retrouve également dans la mise en scène des relations
internationales. Les plus forts parlent entre eux et imposent leurs points de
vue. Exit la diplomatie, aux oubliettes les décennies passées à bâtir des
règles collectives, à fabriquer du droit international certes imparfait, mais
ayant le mérite de poser un cadre global.
Trump et les autres,
épaulés par les géants multimilliardaires de la tech et du luxe, sont bien
décidés à se débarrasser de tout ce qu’ils considèrent comme une entrave à
leurs intérêts, à la « liberté » d’exploiter, de spéculer, d’écraser
toute opinion divergente et de s’enrichir sans aucune limite. La démocratie ne
fait pas exception. Plus profondément, c’est le rayonnement mondial de la
Révolution française nourrie par l’apport du siècle des Lumières qu’ils tentent
d’éradiquer. Ils veulent nous entraîner vers un nouvel absolutisme
politique libertarien et fascisant, et vers un techno-féodalisme
économique d’où seraient exclues « les réglementations
excessives » ainsi que « l’idée sinistre, injuste et aberrante
de la justice sociale », comme aime à le dire Milei. Les forces qui
promeuvent la justice, l’égalité, la démocratie et le progrès social en France,
en Europe et partout dans le monde portent désormais la responsabilité de
reconstruire et de crédibiliser une alternative au cauchemar, à ce complot
contre le monde.

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