S’il est bien
naturel de s’y asseoir le jour, il n’est pas très normal d’y faire son lit la
nuit. Là où les uns s’assoient, parlant de ce qu’ils jugent, d’autres
s’allongent là, y trouvant un refuge. Endormis à même la planche d’une prison à
ciel ouvert, ils souffrent en silence, les bras dénudés, repliés, drapés de
souffrance sous un sac délavé qui leur servait d’oreiller. Si la pluie tombe
longtemps ils se logent sous le banc. Que les larmes du ciel caressent leurs
cheveux, et la misère ruisselle de son monde malheureux. Que demandent-t-ils en
somme ? À défaut de reconnaissance, Il veulent rester des hommes avec une once
de respect nappée de dignité. Ce soir je m’endormirai, avec l’image, au goût
amer, d’un vieil homme en guenilles, allongé sous un banc, pas loin de la
grille du métro, on dit qu’il y fait plus chaud.
samedi 7 décembre 2024
DIGNITÉ !
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