La
cybercriminalité en France n’est plus une menace lointaine, c’est un piratage
en bande organisée de nos vies quotidiennes. Les méthodes ont changé. Fini le
simple blocage d’ordinateur avec demande de rançon ; aujourd’hui, les
hackers pillent en masse. Ils vident les fichiers confidentiels et les
revendent au plus offrant. C’est industriel, c’est massif, et, au bout de la
chaîne, neuf Français sur dix sont touchés. Nos identités naviguent
dans le dark Web et personne ne
semble capable d’arrêter l’hémorragie.
Plus grave, les
pirates s’introduisent désormais là où on se croyait protégés : au cœur
des ministères, dans les registres administratifs, sur les messageries internes
des agents de l’État. Ce sont des coordonnées bancaires, des numéros de
téléphone, des adresses de familles jetées sur des moteurs de recherche
clandestins, accessibles pour le prix d’un paquet de cigarettes. Derrière la
faille informatique, il y a la vraie vie qui bascule. L’angoisse de voir son
intimité livrée à la malveillance, sans aucun bouclier.
Les
cybercriminels ne sont pas les hackers géniaux des films d’action. En réalité,
depuis des années, la sécurité des infrastructures publiques est sacrifiée sur
l’autel de l’austérité. Pour économiser des lignes budgétaires,
l’administration a démantelé ses propres compétences en externalisant
massivement la gestion de ses réseaux à des prestataires privés, sélectionnés
sur le seul critère du moindre coût, sans contrôle sérieux. C’est un siphonnage
absurde.
La République
forme des informaticiens brillants, mais refuse de leur proposer des statuts et
des salaires dignes dans la fonction publique. Résultat : ils partent dans
les multinationales, et l’État leur rachète ces compétences à prix d’or sous
forme de contrats de conseil extérieurs.
Il y a une
profonde hypocrisie à recommander aux citoyens de se barricader
numériquement, alors que la
politique de coupes budgétaires induit une indigence en matière de sécurité
dans les coffres-forts numériques des administrations et des grands services de
l’État. En traitant la sécurité collective comme le reste – une simple variable
d’ajustement comptable –, la « start-up nation » de Macron a
sciemment exposé la population aux cybercriminels.

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