lundi 29 juin 2026

« Canicules, chaleurs extrêmes : le capitalisme tue », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Les catastrophes climatiques se succèdent et chacune d’entre elles est l’occasion de redécouvrir la vulnérabilité de sociétés où l’austérité, l’argent roi et l’impératif de rentabilité brisent toutes les solidarités et bloquent des transitions pourtant vitales.

Les bilans diront l’ampleur de l’hécatombe laissée par la canicule qui s’achève. En attendant la prochaine, la stupeur que feignent les décideurs est indécente. Les conséquences meurtrières de ces chaleurs extrêmes sont le résultat parfaitement prévisible du rejet dans l’atmosphère de 40 milliards de tonnes de CO2 chaque année.

Le chaos climatique était annoncé. Et la désinvolture avec laquelle les gouvernements ont jusqu’ici traité les alarmes des scientifiques est tout simplement criminelle. Alors que les fonds manquent, nous dit-on, pour financer des politiques d’atténuation et d’adaptation, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards d’euros entre 1996 et 2025.

Non, nous ne sommes pas égaux devant le cataclysme. Les capitalistes vivent dans un autre monde : ils se fichent éperdument de ceux qui suffoquent parfois jusqu’à la mort dans des logements à plus de 35 degrés, des hôpitaux débordés, réduits à obstruer leurs fenêtres de couvertures de survie, des champs et des forêts brûlés, des oiseaux tombés d’épuisement en plein vol.

Le fragile équilibre qui a rendu possible la vie sur Terre a mis des milliards d’années à éclore. Le capitalisme le détruit en quelques siècles pour satisfaire la voracité d’une petite caste de possédants. « Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre », écrivait en 1866, déjà, le géographe Élisée Reclus.

À l’heure de la civilisation globale, sans révolution climatique, c’est l’humanité tout entière qui est menacée de sombrer. L’urgence est donc au renversement de choix politiques qui condamnent tant de vies pour entretenir les privilèges de quelques-uns. L’alternative est nette : la sortie de ce système barbare ou l’extinction.

 

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