Les
catastrophes climatiques se succèdent et chacune d’entre elles est l’occasion
de redécouvrir la vulnérabilité de sociétés où l’austérité, l’argent roi et l’impératif
de rentabilité brisent toutes les solidarités et bloquent
des transitions pourtant vitales.
Les bilans diront l’ampleur
de l’hécatombe laissée
par la canicule qui s’achève. En attendant la prochaine, la stupeur que
feignent les décideurs est
indécente. Les conséquences meurtrières de ces chaleurs extrêmes
sont le résultat parfaitement prévisible du rejet dans l’atmosphère de
40 milliards de tonnes de CO2 chaque année.
Le chaos climatique était
annoncé. Et la désinvolture avec
laquelle les gouvernements ont jusqu’ici traité les alarmes des
scientifiques est tout simplement criminelle. Alors que les fonds
manquent, nous dit-on, pour financer des politiques d’atténuation et
d’adaptation, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles
françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards
d’euros entre 1996 et 2025.
Non, nous ne sommes pas
égaux devant le cataclysme. Les capitalistes vivent dans un autre monde : ils se
fichent éperdument de ceux qui suffoquent parfois jusqu’à la
mort dans des logements à plus de 35 degrés, des hôpitaux débordés,
réduits à obstruer leurs fenêtres de couvertures de survie, des champs et
des forêts brûlés, des oiseaux tombés d’épuisement en plein vol.
Le fragile
équilibre qui a rendu possible la vie sur Terre a mis des milliards d’années à
éclore. Le capitalisme le détruit en quelques siècles pour satisfaire la
voracité d’une petite caste de possédants. « Parmi les causes qui dans
l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations, il
faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart
des nations traitaient la terre », écrivait en 1866, déjà, le
géographe Élisée Reclus.
À l’heure de la
civilisation globale, sans révolution climatique, c’est l’humanité tout entière
qui est menacée de sombrer. L’urgence est donc au renversement
de choix politiques qui condamnent tant de vies pour entretenir les
privilèges de quelques-uns. L’alternative est nette : la sortie de ce
système barbare ou l’extinction.

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