Le thermomètre
s’emballe, et certains s’acharnent à le casser. Avec leur dernière mise à jour
des indicateurs climatiques, plus de 70 scientifiques de 17 pays
tirent un sérieux signal d’alarme : le rythme du réchauffement s’accélère
dangereusement.
Après le seuil
de + 1,39 °C par rapport à l’ère préindustrielle franchi en 2025, la
ligne rouge fixée à + 1,5 °C par l’accord de Paris devrait être
enjambée en 2030. Autrement dit demain. Ce diagnostic n’est pas une projection ou une
hypothèse : c’est une expérience déjà sensible pour des milliards d’êtres
humains et pour l’ensemble du vivant.
Aujourd’hui
même, le réchauffement
climatique dévaste les paysages, ruine les
récoltes, détruit des existences. Les eaux montent (+ 23 centimètres
depuis 1901) et dévorent les littoraux. Les vagues de chaleur marine déciment
les écosystèmes et brisent les chaînes alimentaires.
Or, les outils
mêmes qui permettent de le mesurer sont aujourd’hui menacés, démantelés. Les
climatosceptiques se sont longtemps contentés de mettre en doute la réalité de
la catastrophe en cours et son origine productiviste. Au pouvoir, ils
démolissent par des arbitrages politiques et budgétaires suicidaires les
dispositifs scientifiques indispensables pour en anticiper les effets, les
atténuer, s’y adapter.
On le
sait : la combustion du charbon, du pétrole et du gaz est la source
principale du réchauffement. Or, le système économique qui a précipité la crise
climatique organise la dépendance aux énergies fossiles. La seule issue se
trouve donc dans une rupture franche avec les modes de
production du capitalisme, avec ses
injonctions consuméristes, ses obsessions extractivistes et libre-échangistes.
Une telle
rupture exige de reprendre le contrôle
collectif des orientations économiques, avec une planification écologique coordonnée à l’échelle mondiale, bâtie
sur des choix démocratiques, soucieuse d’égalité et de justice sociale.

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