Exit le temps
des allusions et de la petite musique qui monte. En votant massivement en
faveur de la révision de la loi
de programmation militaire, l’Assemblée
nationale a validé, ce mardi, la bascule du budget national vers une économie
de guerre. Trente-six milliards d’euros de rallonge aux armées et une enveloppe
annuelle fixée, à horizon 2030, à 76,3 milliards d’euros, soit 2,5 %
du PIB.
De quoi « répondre
à l’accélération de la menace », a justifié Catherine Vautrin. Et la
locataire de l’hôtel de Brienne de reprendre les mots d’Emmanuel Macron : « Pour
être respecté, il faut être craint. Pour être craint, il faut être entraîné et
équipé. » Fermer le ban et serrez les rangs.
Il ne s’agit
pas là seulement d’achat de munitions, de missiles et d’obus, de fabrication de
drones ou d’élaboration de nouveaux programmes industriels. Ce texte instaure
aussi – et peut-être surtout – la possibilité d’un régime d’exception, menace
imminente sur les libertés publiques et l’État de droit. À quelques mois d’une
élection cruciale et alors même que l’extrême droite est aux
portes du pouvoir, le legs d’un
tel arsenal législatif est un danger majeur.
En fin de règne, la
Macronie a choisi la pire des
options : parachever sa stratégie du tour de vis, sécuritaire autant que
budgétaire. La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fait
exploser les factures d’énergie et de carburant. L’inflation assomme des pans
entiers de l’économie et aggrave la précarité des plus modestes. Sébastien
Lecornu ne s’en est pas caché. Un nouveau plan d’austérité est sur la table.
Les
6 milliards d’économies annoncés mi-avril vont être « remis à
jour ». Combien de sacrifices encore, sur la santé, l’éducation, les
aides sociales, la culture, la protection de l’environnement, pendant que les
profiteurs de guerre accumulent des bénéfices record ? Combien de lois
accumulées qui préparent les esprits à la normalisation de la guerre et
justifient tous les reculs ? Ces mesures mises bout à bout n’ont rien
d’anecdotiques. Elles dessinent un avenir d’asphyxie et de suspicion
généralisée. Il convient de les combattre toutes.

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