mercredi 20 mai 2026

Le « quoi qu’il en coûte » des va-t-en-guerre, l’éditorial de Marion d’Allard.



Exit le temps des allusions et de la petite musique qui monte. En votant massivement en faveur de la révision de la loi de programmation militaire, l’Assemblée nationale a validé, ce mardi, la bascule du budget national vers une économie de guerre. Trente-six milliards d’euros de rallonge aux armées et une enveloppe annuelle fixée, à horizon 2030, à 76,3 milliards d’euros, soit 2,5 % du PIB.

De quoi « répondre à l’accélération de la menace », a justifié Catherine Vautrin. Et la locataire de l’hôtel de Brienne de reprendre les mots d’Emmanuel Macron : « Pour être respecté, il faut être craint. Pour être craint, il faut être entraîné et équipé. » Fermer le ban et serrez les rangs.

Il ne s’agit pas là seulement d’achat de munitions, de missiles et d’obus, de fabrication de drones ou d’élaboration de nouveaux programmes industriels. Ce texte instaure aussi – et peut-être surtout – la possibilité d’un régime d’exception, menace imminente sur les libertés publiques et l’État de droit. À quelques mois d’une élection cruciale et alors même que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, le legs d’un tel arsenal législatif est un danger majeur.

En fin de règne, la Macronie a choisi la pire des options : parachever sa stratégie du tour de vis, sécuritaire autant que budgétaire. La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fait exploser les factures d’énergie et de carburant. L’inflation assomme des pans entiers de l’économie et aggrave la précarité des plus modestes. Sébastien Lecornu ne s’en est pas caché. Un nouveau plan d’austérité est sur la table.

Les 6 milliards d’économies annoncés mi-avril vont être « remis à jour ». Combien de sacrifices encore, sur la santé, l’éducation, les aides sociales, la culture, la protection de l’environnement, pendant que les profiteurs de guerre accumulent des bénéfices record ? Combien de lois accumulées qui préparent les esprits à la normalisation de la guerre et justifient tous les reculs ? Ces mesures mises bout à bout n’ont rien d’anecdotiques. Elles dessinent un avenir d’asphyxie et de suspicion généralisée. Il convient de les combattre toutes.

 

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