Partout ça se
lâche, ça éructe, ça se déboutonne. Toutes les pudeurs s’écroulent. À longueur
d’ondes et d’antenne, dans les marécages des réseaux sociaux, ça insulte, ça
humilie, ça animalise. Des mots sales. Des mots qui blessent, qui détruisent,
qui divisent. Des élus de la République sont chaque jour diffamés, injuriés,
menacés sans trêve, sans rappel à l’ordre, sans que la moindre sanction ne soit
prononcée. Des standards de mairie sont submergés d’appels à caractère
xénophobe.
Cette déferlante raciste
qui noie la France depuis les
élections municipales ne sera pas sans conséquences. Les paroles précèdent
toujours les passages à l’acte ; les discours de haine annoncent
l’irréparable. Déjà, le nombre d’atteintes racistes et xénophobes s’envole. En
2025, la police et la gendarmerie en ont enregistré 16 485 – une
photographie restreinte du phénomène, tant ces actes sont sous-déclarés. Parmi
ces atteintes, 9 737 sont des délits et même des crimes (dont trois
homicides et trois tentatives d’homicide).
Cette
atmosphère putride et suffocante installe chez les immigrés, chez les héritiers
de l’immigration postcoloniale, un effroyable sentiment d’insécurité, au moment
même où le cours normal de la vie démocratique a rendu possible la prise de responsabilité
d’un nombre inédit d’élus qui leur ressemblent, qui appartiennent à leur classe
sociale, qui sont décidés à combattre les discriminations et les inégalités
dont ils souffrent.
Les diatribes
racistes que déversent en continu les médias de Bolloré, en campagne pour 2027,
ne font pas que pourrir la vie commune ici. Leur écho se fait entendre au-delà
de nos frontières. Il donne de la France, dont le crédit est déjà bien entamé,
une image qui fait honte.
Cette violente
offensive de l’extrême droite ne sera pas défaite par des protestations à
mi-voix et par des réprobations sans suite. Recycler les boniments du RN,
prétendre qu’il poserait « les bonnes questions », valider les
divisions dont il se nourrit, c’est déposer devant lui les armes sans combattre.
Il faut
entendre la Marseillaise entonnée à l’unisson le 22 mars au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) pour célébrer la défaite d’un
maire fascisant. Son message est clair, la France n’a qu’une devise :
« Liberté, égalité, fraternité ».

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