mercredi 11 février 2026

« Comment Trump cherche à asphyxier toujours plus le peuple cubain », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Il n’y a pas de précédent dans l’histoire. Depuis près de soixante-dix ans, Cuba affronte un blocus économique, financier et commercial tentaculaire et meurtrier. Pas un champ du pays n’est épargné ; le manque à gagner se chiffre en milliards de dollars. Ce nœud coulant étrangle d’abord la population – dont l’écrasante majorité est née sous cette politique de siège –, victime d’une stratégie coercitive et unilatérale des États-Unis.

En instaurant un blocus maritime pour priver la Grande Île de combustible, en arraisonnant pas moins de cinq pétroliers en un mois, Donald Trump espère porter l’estocade finale, convaincu que les Cubains ne supporteront pas une énième crise. Le pays est mûr pour tomber, estime-t-il, après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, en menaçant de taxes douanières quiconque braverait ses interdits.

À La Havane, les autorités ont pris des mesures drastiques pour rationner au maximum l’or noir. « Cuba est prêt à un dialogue avec les États-Unis, sur n’importe quel sujet », a réitéré le président Miguel Diaz-Canel, mais « dans le respect (…) de notre indépendance, de notre autodétermination »

Les Nations unies tirent la sonnette d’alarme, inquiètes d’une possible crise humanitaire, plus grave que celle de la « période spéciale » des années 1990, après la chute de l’URSS. La Chine et la Russie annoncent qu’elles ne se plieront pas aux oukases de Donald Trump qui croit tenir là une revanche historique, après des décennies d’échecs face à un peuple qui refuse d’être une colonie de la première puissance mondiale.

Jamais, depuis la crise des missiles de 1962, les États-Unis n’avaient déployé une telle armada dans les Caraïbes. Cette guerre d’usure n’est pas qu’un affront fait aux Cubains. Les sanctions rétroactives et extraterritoriales, qui visent à dissuader les investisseurs étrangers de commercer avec La Havane, sont illégales. 

La France et l’Union européenne, dont nombre d’entreprises ont dû s’acquitter d’amendes hallucinantes, disposent d’outils, dont l’instrument anti-coercition (IAC) pour parer aux attaques du bureau Ovale. C’est une question de respect de la souveraineté du peuple cubain et, au-delà, du libre choix des nations à décider de leur destin. C’est aussi ce que dit chaque année le vote majoritaire à l’ONU exigeant la levée d’un blocus criminel.

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