Il n’y a pas de
précédent dans l’histoire. Depuis près de soixante-dix ans, Cuba affronte
un blocus économique, financier et commercial tentaculaire et meurtrier. Pas un
champ du pays n’est épargné ; le manque à gagner se chiffre en milliards de
dollars. Ce nœud coulant étrangle d’abord la population – dont l’écrasante
majorité est née sous cette politique de siège –, victime d’une stratégie
coercitive et unilatérale des États-Unis.
En instaurant un
blocus maritime
pour priver la Grande Île de combustible, en arraisonnant pas moins
de cinq pétroliers en un mois, Donald Trump espère porter l’estocade finale,
convaincu que les Cubains ne supporteront pas une énième
crise. Le pays est mûr pour tomber, estime-t-il, après l’enlèvement du
président vénézuélien Nicolas Maduro, en menaçant de taxes douanières quiconque
braverait ses interdits.
À
La Havane, les autorités ont pris des mesures
drastiques pour rationner au maximum l’or noir. « Cuba est prêt à un
dialogue avec les États-Unis, sur n’importe quel sujet », a réitéré le président Miguel
Diaz-Canel, mais « dans le respect (…) de notre indépendance, de notre
autodétermination ».
Les Nations
unies tirent la sonnette d’alarme, inquiètes d’une possible crise humanitaire,
plus grave que celle de la « période spéciale » des années
1990, après la chute de l’URSS. La Chine et la Russie annoncent qu’elles ne se
plieront pas aux oukases de Donald Trump qui croit tenir là une revanche historique,
après des décennies d’échecs face à un peuple qui refuse d’être une colonie de
la première puissance mondiale.
Jamais, depuis la crise
des missiles de 1962, les États-Unis n’avaient déployé une telle
armada dans les Caraïbes. Cette guerre d’usure n’est pas qu’un
affront fait aux Cubains. Les sanctions rétroactives et extraterritoriales, qui
visent à dissuader les investisseurs étrangers de commercer avec
La Havane, sont illégales.
La France et
l’Union européenne, dont nombre d’entreprises ont dû s’acquitter
d’amendes hallucinantes, disposent d’outils, dont l’instrument
anti-coercition (IAC) pour parer aux attaques du bureau Ovale. C’est
une question de respect de la souveraineté du peuple cubain et,
au-delà, du libre choix des nations à décider de leur destin. C’est aussi ce
que dit chaque année le vote majoritaire à l’ONU exigeant la levée d’un blocus
criminel.

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