Légal mais
injuste. C’est ainsi qu’Éric Lombard, ancien ministre de
l’Économie, qualifie le fait que des milliers de citoyens
français parmi les plus fortunés ne paient aucun impôt sur le revenu. Bercy lui avait révélé ces informations alors qu’il
ferraillait devant l’opposition pour éviter que l’on taxe leur « outil
de travail ».
Or, ce sont
précisément ces holdings qui servent de véhicules pour contourner le fisc et
ainsi échapper à la solidarité nationale sans violer une loi faite sur mesure.
Une injustice qu’aurait pu commencer à réparer a minima la taxe Zucman
présentée comme une spoliation contraire aux droits humains, un crime de
lèse-capital.
À l’époque,
l’Élysée et Matignon n’avaient même pas permis que l’on donne suite à une
éventuelle taxation, même si elle ne visait que les patrimoines. Le gouvernement et Éric
Lombard avaient pourtant été plus créatifs
pour aller chercher l’argent… là où il n’est pas : dans la poche des
travailleurs. On se souvient du petit musée des horreurs dénoncé par les
syndicats, avec la suppression de pas moins de deux jours fériés et le
doublement des franchises médicales.
Créatifs avec
les faibles, amorphes avec les forts. Amélie de Montchalin, pour sa part,
a nié contre toute évidence l’existence de ces riches « fraudeurs
légaux ». Une dénégation qui en dit long. Car cette séquence révèle
également l’épais brouillard qui entoure la fortune des plus aisés et l’ampleur des mécanismes qui leur permettent de se
soustraire au financement du bien commun.
Une opacité qui
camoufle aussi une politique aux effets pourtant quantifiables : en
seulement cinq ans après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les revenus
des 0,1 % les plus riches avaient grimpé de plus de 51 %, contre
44,7 % de hausse sur les quinze années précédentes ! Le
revenu médian n’a augmenté que de 5 % sur la même période. C’est pour
perpétuer cette politique inique que les premiers ministres déploient tant
d’efforts depuis des années. Le vernis craque de partout, jusque dans les rangs
gouvernementaux, avec l’aveu d’Éric Lombard. Il va bien falloir passer à la
caisse et mettre fin à ces privilèges.

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