jeudi 15 janvier 2026

« L’aveu d’Éric Lombard, l’éditorial de Cédric Clérin »



Légal mais injuste. C’est ainsi qu’Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie, qualifie le fait que des milliers de citoyens français parmi les plus fortunés ne paient aucun impôt sur le revenu. Bercy lui avait révélé ces informations alors qu’il ferraillait devant l’opposition pour éviter que l’on taxe leur « outil de travail ».

Or, ce sont précisément ces holdings qui servent de véhicules pour contourner le fisc et ainsi échapper à la solidarité nationale sans violer une loi faite sur mesure. Une injustice qu’aurait pu commencer à réparer a minima la taxe Zucman présentée comme une spoliation contraire aux droits humains, un crime de lèse-capital.

À l’époque, l’Élysée et Matignon n’avaient même pas permis que l’on donne suite à une éventuelle taxation, même si elle ne visait que les patrimoines. Le gouvernement et Éric Lombard avaient pourtant été plus créatifs pour aller chercher l’argent… là où il n’est pas : dans la poche des travailleurs. On se souvient du petit musée des horreurs dénoncé par les syndicats, avec la suppression de pas moins de deux jours fériés et le doublement des franchises médicales.

Créatifs avec les faibles, amorphes avec les forts. Amélie de Montchalin, pour sa part, a nié contre toute évidence l’existence de ces riches « fraudeurs légaux ». Une dénégation qui en dit long. Car cette séquence révèle également l’épais brouillard qui entoure la fortune des plus aisés et l’ampleur des mécanismes qui leur permettent de se soustraire au financement du bien commun.

Une opacité qui camoufle aussi une politique aux effets pourtant quantifiables : en seulement cinq ans après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les revenus des 0,1 % les plus riches avaient grimpé de plus de 51 %, contre 44,7 % de hausse sur les quinze années précédentes ! Le revenu médian n’a augmenté que de 5 % sur la même période. C’est pour perpétuer cette politique inique que les premiers ministres déploient tant d’efforts depuis des années. Le vernis craque de partout, jusque dans les rangs gouvernementaux, avec l’aveu d’Éric Lombard. Il va bien falloir passer à la caisse et mettre fin à ces privilèges.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

« CDI jeune » du Medef : zéro devoir pour l’employeur, zéro droit pour le salarié, l’éditorial de Cathy Dos Santos.

Le Medef est passé maître dans l’art de recycler les vieilles recettes capitalistes indigestes. Fort des concessions fiscales de la Macro...