L’année 2026
débute sous de sombres auspices. Cette paix, qui est la seule garantie de notre
sécurité commune et partagée sur l’ensemble de la planète, est menacée chaque
jour par l’appétit des impérialismes, les discours bellicistes et le réarmement
des nations. Le président états-unien, Trump, a décidé de frapper militairement le
Venezuela et de kidnapper le président Maduro
et son épouse, violant encore une fois les règles du droit international.
S’arroger le droit de faire valoir la politique de la force, piétiner la
souveraineté des États et le droit des peuples à décider de leur avenir est un
acte dangereux et irresponsable.
N’oublions pas que, si les critiques envers le gouvernement Maduro sont
légitimes, avec ses dérives autoritaires, Washington et l’UE se sont évertués
depuis dix ans à étrangler économiquement Caracas par des sanctions. Vouloir
changer les régimes par la force a des précédents terribles. L’Afghanistan,
l’Irak ou encore la Libye sont régis par le chaos ou des gouvernements encore
plus réactionnaires qu’auparavant.
Donald Trump ne
s’encombre pas de prétexte, comme la « défense de la démocratie ».
Quant à la lutte contre le narcotrafic, elle n’est qu’une vulgaire excuse,
sinon pourquoi aurait-il gracié l’ex-président Hernandez ? Il use d’un
mensonge grossier comme en 2003. Après les fausses armes de destruction
massive, c’est le président vénézuélien qui est accusé de diriger un cartel de
drogues. Tous les spécialistes
du narcotrafic ont démonté facilement ce discours nord-américain puisque
d’autres pays latino-américains sont bien plus concernés par ce trafic.
Le milliardaire
renoue simplement avec l’interventionnisme de Washington, qui conçoit le
continent américain comme son pré carré. Le Venezuela aujourd’hui et
probablement le Groenland et Cuba demain. Il s’agit de bouter hors du continent
toute influence chinoise, d’évincer les forces progressistes qui lui résistent
pour imposer des leaders à sa botte. La maîtrise du minerai et des ressources
énergétiques est une autre nécessité pour assurer le développement et la
domination des firmes de la tech. Le XXIe siècle est celui de
l’affrontement des grandes puissances pour les ressources énergétiques.
L’Europe est
également dans le viseur. Même s’il nuance ses premières déclarations, Emmanuel
Macron déshonore encore la voix de la France. Ne pas condamner revient à
légitimer « un deux poids deux mesures » insupportable pour les pays
du Sud global. Pourquoi condamner alors Poutine pour son agression de
l’Ukraine, mais ne rien dire pour Trump au Venezuela ?
Les règles de
l’ordre mondial, héritées de 1945, volent en éclats : on assiste sans
réactions au kidnapping d’un président et on ne fait rien pour faire appliquer
un mandat d’arrêt international d’un premier ministre israélien poursuivi pour
crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.
Laisser faire, ne rien dire et cautionner revient à acter la fin du
multilatéralisme, l’échec du droit international et à laisser nos instances
internationales sombrer sous le joug d’un nouvel affrontement entre forces
impérialistes pour servir des intérêts capitalistes. Pire, en pensant que se
placer sous « l’aile protectrice » d’un prédateur tel que Trump nous
évitera de passer sous ses fourches caudines est une grave erreur.
Un débat parlementaire doit être convoqué en urgence pour éclairer une position
de la représentation nationale. La France et l’Union européenne s’honoreraient
à appeler à une libération immédiate de Nicolas Maduro et à agir pour que le
peuple vénézuélien soit le seul décideur de son avenir. Aux démocrates
sincères, aux internationalistes convaincus de porter la voix du respect des
peuples sans double standard, en ce début d’année 2026, soyons au
rendez-vous !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire