Desseins : Les années
filent comme ces neiges de moins en moins éternelles, nos espoirs se fondent
toujours sur le meilleur, et pourtant, il arrive que nos vœux sans relâche
répétés s’obscurcissent de noirs desseins sur les chemins de l’espoir. L’entame
de 2026 n’est pas, et ne sera pas, un autre monde.
Celle-ci débute
à l’identique des précédentes : la destruction des principes et du droit,
au profit de la force et de l’aveuglement. Nous connaissons le tableau. Le feu
des bombes amenuise chaque jour un peu plus les forces du peuple
ukrainien ; Gaza et la Palestine restent martyrisées ; les guerres un
peu partout, dans 200 endroits du monde environ, continuent de frapper des
enfants, des femmes, des hommes ; et tandis que les États-Unis ont bombardé
ces dernières semaines la Syrie, l’Irak, le Yémen, la Somalie, le Nigeria, le
faucon de la Maison-Blanche souhaite ses bons vœux à l’humanité en ordonnant
une mafieuse razzia au Venezuela…
Boomerang : Résumons
d’une phrase : l’ingérence made in USA, ou l’art de piétiner la
souveraineté au nom de la démocratie. Oui, certains osent encore prononcer le
mot « démocratie », à commencer par Trump l’illuminé. À Washington,
ce mot sert de clé passe-partout, de justification morale à toutes les
entreprises de déstabilisation, de pillage et de mise sous tutelle. Le
Venezuela en sait quelque chose.
Depuis plus de
vingt ans, la première puissance mondiale s’acharne sur ce pays – et sur
d’autres – comme un vautour sur une proie déjà exsangue, tout en feignant de
lui tendre la main. Critiquer le gouvernement vénézuélien n’est pas interdit.
Personne ne nie les erreurs, les dérives, les impasses politiques internes.
Quoi que nous
pensions des méthodes de Maduro, du système politique qu’il a imposé, de la
corruption et du clientélisme, de la situation critique dans laquelle il a
placé les travailleurs et les plus modestes de son pays en lien avec le blocus
qu’imposent les États-Unis depuis des années, nous sommes face à une négation
absolue du droit international, du respect de la souveraineté d’un pays et du
droit de son peuple à choisir ses élus.
Un viol total
des articles 51 et 2.4 de la Charte des Nations unies qui
interdissent à un État puissant d’avoir recours à la force sans autorisation
multilatérale du Conseil de sécurité des Nations unies, sans preuves
vérifiables de légitime défense imminente. Ce n’est pas tout : Trump a
aussi violé le droit américain lui-même, puisqu’il a agi sans consulter le
Congrès – ce qui, tôt ou tard, risque de fonctionner tel un boomerang.
Unipolaire : Il faudrait
être naïf – ou de mauvaise foi – pour croire que cette obsession états-unienne
se trouve mue par une soudaine compassion pour un peuple qui souffre. Le
Venezuela possède les premières réserves de pétrole du monde. Et, comme par
hasard, l’ingérence américaine s’intensifie chaque fois qu’un gouvernement ose
reprendre le contrôle de ses ressources naturelles et affirmer sa souveraineté.
Quand la
« démocratie » devient soluble dans le baril de brut. Qu’on se
souvienne, néanmoins, une ingérence étrangère n’a jamais produit de démocratie
durable. Elle n’a engendré que chaos, dépendance et ressentiment. À force de
sanctions, de menaces militaires à peine voilées et de manœuvres diplomatiques
cyniques, les États-Unis aggravent précisément ce qu’ils prétendent combattre –
et nous comprenons bien que ce n’est qu’un début…
Non, le
Venezuela n’est pas un protectorat, ni un laboratoire idéologique pour
stratèges néoconservateurs. Ce pays possède une histoire propre, des
contradictions, un peuple, qui a le droit fondamental de décider de son avenir
sans tutelle étrangère. La souveraineté n’est pas un gros mot, sauf peut-être
dans les couloirs du Département d’État.
À l’heure où
l’ordre international vacille, l’acharnement américain contre le Venezuela
apparaît pour ce qu’il est : un vestige brutal d’un monde unipolaire que
Washington refuse de voir disparaître, au moins dans son
« hémisphère ».
L’intellectuel
américain Noam Chomsky le disait naguère : « La façon intelligente
de garder les gens passifs et obéissants est de limiter strictement le spectre
des opinions acceptables, mais de permettre un débat très animé dans ce
spectre. Cela donne aux gens l’impression qu’il y a une pensée libre, alors que
tout le temps les présuppositions du système sont renforcées par les limites
imposées à la portée du débat. » Restons lucides. On ne trouvera pas
meilleur vœu…

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