Nous ne sommes plus à la veille d’un basculement du
monde. Le second mandat de Trump marque
l’entrée dans une nouvelle ère : l’hubris du nouvel
ordre états-unien, sur fond de capitalisme entré dans une phase aiguë de crise.
Une accélération impérialiste alors que l’action politique, économique, sociale
et diplomatique devrait se tourner vers la coopération des peuples, la mise en
commun des ressources pour éviter l’une des plus grandes catastrophes à
laquelle est confrontée l’humanité, à savoir le dérèglement climatique.
Pour mettre en
œuvre le projet de Trump, il faut briser tout espace de dialogue et de
coopération entre nations libres, piétiner le droit international, le rendre
obsolète et inapplicable. Pour faire taire toute velléité de contestation,
l’extrême droite fait office de recours fréquentable.
Du Venezuela à
l’Iran, en passant par le Groenland,
Cuba, le Panama, le Canada, mais aussi vis-à-vis de des pays de l’UE, il
déploie sa stratégie établie dans le document de sa stratégie de sécurité
nationale : loi du plus fort, chantage à la guerre commerciale, mépris du
droit international. Les territoires, les ressources et les peuples ne sont que
des marchandises à conquérir. Tout s’achète, se sanctionne ou se soumet.
Derrière l’outrance, il y a une réalité stratégique au service des
multinationales états-uniennes : la ruée vers l’Arctique, ses richesses
dans le sol et le sous-sol, sa route maritime stratégique et sa volonté d’y
imposer sa loi face à la Chine et à la Russie. La déclaration d’Emmanuel Macron
lors de ses vœux aux armées, sur l’envoi de militaires français au Groenland,
aux côtés d’autres pays européens, s’inscrit dans la militarisation des
relations internationales. Sous couvert de solidarité européenne et de défense
de la souveraineté territoriale, la France se croit hyperpuissance, mais est en
fait cantonnée au rang de spectatrice ou de vassal de Washington. L’Arctique
devient ainsi un nouveau théâtre de confrontation, où l’on déploie des soldats
plutôt que des solutions diplomatiques et où les peuples et les enjeux
environnementaux sont relégués au second plan. Plutôt que d’aligner des
troupes, la France devrait porter la voix de la désescalade, fidèle à
l’exigence du droit international et à l’intérêt des peuples.
Quant au
Venezuela, les États-Unis y mènent une guerre économique implacable depuis des années,
au nom d’une prétendue défense de la démocratie et de lutte contre le
narcotrafic, le même prétexte ayant servi à justifier le kidnapping du
président Maduro. Ce sont les classes populaires vénézuéliennes qui paient
aujourd’hui le prix de cette stratégie cynique.
Enfin, en se
retirant unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, pourtant
validé par la communauté internationale, Donald Trump a fragilisé un équilibre
déjà précaire. Les sanctions extraterritoriales, les menaces militaires et les
provocations répétées nourrissent l’instabilité régionale. Elles rapprochent
dangereusement le spectre d’un conflit majeur, à l’heure où plusieurs milliers de civils ont déjà
été tués lors des répressions du régime tyrannique iranien contre
les manifestants.
Face à cette
fuite en avant impérialiste et à cet appétit belliciste, l’attitude de l’Union
européenne interroge. Incapable d’affirmer une politique étrangère
indépendante, elle oscille entre suivisme atlantiste et impuissance
diplomatique. Alors refusons de laisser les clés et les cartes du monde à
Trump pour qu’il en soit le maître. Nous devons refuser la loi du plus fort,
l’ingérence permanente et un ordre international fondé sur la prédation, la
menace, l’interventionnisme et le sang.
Face à ce
nouvel impérialisme et à l’expansionnisme, soyons profondément
internationalistes et portons un projet novateur de coopération entre les
peuples, de sécurité globale et collective, de paix, d’émancipation et de lutte
pour répondre aux défis de notre temps.

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