Il arrive
parfois que des informations s’entrechoquent. Des faits, des chiffres a priori
sans lien surgissent dans l’actualité et les uns éclairent les autres d’une
nouvelle lumière pour révéler une vérité crue. Celle d’un système qui se moque
éhontément des salariés et des plus modestes. Le feuilleton du budget
de l’État, qui s’achève dans un climat de
tensions et de concessions arrachées à
la hâte, en est une illustration parfaite.
Celui-ci touche
à sa fin et les débats parlementaires ont obligé Sébastien Lecornu à quelques
concessions pour s’assurer de l’adoption de la loi de finances via un article 49.3 qui,
avait-il promis et juré, ne serait plus jamais utilisé. Parmi celles-ci, l’augmentation de « 50 euros
en moyenne » de la prime d’activité pour « plus de 3 millions
de ménages » à revenus modestes. Une mesure présentée comme un effort
colossal, coûtant « de l’ordre de 2 milliards d’euros »
par an, et qui pourrait être financée par une surtaxe sur les entreprises – une
idée qui, déjà, fait hurler le patronat et la droite.
Pourtant, dans
le même temps, les chiffres tombent : en 2025, les dividendes versés aux
actionnaires atteignent le vertigineux montant de 72,8 milliards d’euros.
Les entreprises du CAC 40 ont englouti à elles seules 34,8 milliards
d’euros dans le rachat et la destruction d’actions – une pratique qui consiste à
gonfler artificiellement la valeur des titres restants, et donc la fortune des
actionnaires.
Mais ce n’est
pas tout. Alors que la droite LR, dans sa niche parlementaire du
22 janvier, propose ni plus ni moins que de faire travailler gratuitement
ou presque plus d’un million
et demi de salariés le 1er-Mai – leur volant ainsi un jour de repos rémunéré –, on découvre que les 53 Français les plus
riches gagnent en 24 minutes l’équivalent du revenu annuel moyen d’un Français.
Pire
encore : comme le rappelle l’ancien ministre Éric Lombard, « parmi
les personnes les plus fortunées, des milliers ont un
revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le
revenu ». Alors, sur
qui vont peser les « efforts budgétaires » réclamés par le
gouvernement ? La réponse est cruelle de simplicité : sur ceux qui
n’ont déjà plus rien à donner.

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