François Bayrou
l’avait dit lorsqu’il était premier ministre, « Nous ne travaillons pas
assez. » Nous, c’est vague. Pas lui. Les Françaises et les Français
sans doute. Les femmes de ménage debout à 5 heures, les ouvriers du
bâtiment par tous temps, les caissières, pardon, les hôtesses d’accueil des
grandes surfaces, les aides-soignantes des hôpitaux. Les premiers de corvée,
comme on disait au temps du sida… Eh bien, c’est confirmé.
« Durée du
travail : la France lanterne rouge en Europe », alerte la presse
économique, qui dévoile l’étude d’un cabinet spécialisé, Rexecode. Qu’on
imagine : quand bien même la richesse produite par heure travaillée place
la France 10 % au-dessus de la moyenne européenne, nous travaillons trois
semaines de moins que les Allemands. « Une position peu enviable », nous dit-on. Pour
qui ? La réduction progressive du temps de travail, depuis la révolution
industrielle du XIXe siècle, a été à la fois un enjeu des luttes et un
progrès social. Quelle erreur ! Le progrès, c’est travailler toujours
plus et il n’y a pas que Bayrou qui le dit.

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