lundi 15 décembre 2025

« Les Français ne travailleraient pas assez ? », le billet de Maurice Ulrich.



François Bayrou l’avait dit lorsqu’il était premier ministre, « Nous ne travaillons pas assez. » Nous, c’est vague. Pas lui. Les Françaises et les Français sans doute. Les femmes de ménage debout à 5 heures, les ouvriers du bâtiment par tous temps, les caissières, pardon, les hôtesses d’accueil des grandes surfaces, les aides-soignantes des hôpitaux. Les premiers de corvée, comme on disait au temps du sida… Eh bien, c’est confirmé.

« Durée du travail : la France lanterne rouge en Europe », alerte la presse économique, qui dévoile l’étude d’un cabinet spécialisé, Rexecode. Qu’on imagine : quand bien même la richesse produite par heure travaillée place la France 10 % au-dessus de la moyenne européenne, nous travaillons trois semaines de moins que les Allemands. « Une position peu enviable », nous dit-on. Pour qui ? La réduction progressive du temps de travail, depuis la révolution industrielle du XIXe siècle, a été à la fois un enjeu des luttes et un progrès social. Quelle erreur ! Le progrès, c’est travailler toujours plus et il n’y a pas que Bayrou qui le dit.

 

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