L’histoire et
le passé récent pullulent d’exemples : Mussolini en Italie, Hitler en
Allemagne, Franco en Espagne, Pinochet au Chili, ou plus récemment Javier Milei en Argentine et Donald Trump aux
États-Unis. Ces dictatures et ces nouveaux
régimes liberticides n’auraient pu voir le jour sans la complicité ou
l’appui zélé des grands groupes industriels et financiers. À chaque crise du capitalisme, ces institutions font
le choix de s’allier avec les forces enclines à préserver leur domination
économique et sociale. Fascisme, nazisme, franquisme, extrême droite,
illibéralisme, libertarianisme : qu’importe le pedigree pourvu qu’il lève
les obstacles qui entravent les affaires.
En France,
l’opération de normalisation de l’extrême droite s’est brutalement accélérée
avec la concentration médiatique aux mains de patrons complices, qui ont
transformé leurs titres en marchepied du Rassemblement national (RN). Ses
connexions avec une partie du patronat s’intensifient pour servir les objectifs
du capital. En juin 2024, à la veille des législatives anticipées où la victoire
du RN semblait inéluctable, le Medef avait refusé de prendre parti. Sa
prétendue neutralité revient à mettre sur un pied d’égalité le RN et le Nouveau
Front populaire et, in fine, contribue à rendre fréquentable le premier
au détriment du programme de la gauche.
Après avoir
paradé à l’université d’été des
patrons, Jordan Bardella s’est fendu d’une
« lettre aux entrepreneurs » dont la finalité était de rassurer les
milieux d’affaires, en affirmant que sa formation était « le véritable
garant de la stabilité économique ». Autrement dit, le gardien de
l’ordre existant.
Le débat
parlementaire sur le budget en donne d’ailleurs la mesure. On ne compte plus les gages offerts par
l’extrême droite aux ultra-riches. Au diapason des dirigeants de la tech, obsédés par la réduction des
dépenses de l’État, le RN s’emploie à caresser les plus fortunés : un veto
à la taxe Zucman, ainsi qu’à l’impôt sur les holdings et à la hausse de la
contribution de solidarité sur les hauts revenus. La connivence est limpide.

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