lundi 17 novembre 2025

« Extrême droite et patrons : la connivence au nom des intérêts du capital », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

 


L’histoire et le passé récent pullulent d’exemples : Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne, Franco en Espagne, Pinochet au Chili, ou plus récemment Javier Milei en Argentine et Donald Trump aux États-Unis. Ces dictatures et ces nouveaux régimes liberticides n’auraient pu voir le jour sans la complicité ou l’appui zélé des grands groupes industriels et financiers. À chaque crise du capitalisme, ces institutions font le choix de s’allier avec les forces enclines à préserver leur domination économique et sociale. Fascisme, nazisme, franquisme, extrême droite, illibéralisme, libertarianisme : qu’importe le pedigree pourvu qu’il lève les obstacles qui entravent les affaires.

En France, l’opération de normalisation de l’extrême droite s’est brutalement accélérée avec la concentration médiatique aux mains de patrons complices, qui ont transformé leurs titres en marchepied du Rassemblement national (RN). Ses connexions avec une partie du patronat s’intensifient pour servir les objectifs du capital. En juin 2024, à la veille des législatives anticipées où la victoire du RN semblait inéluctable, le Medef avait refusé de prendre parti. Sa prétendue neutralité revient à mettre sur un pied d’égalité le RN et le Nouveau Front populaire et, in fine, contribue à rendre fréquentable le premier au détriment du programme de la gauche.

Après avoir paradé à l’université d’été des patrons, Jordan Bardella s’est fendu d’une « lettre aux entrepreneurs » dont la finalité était de rassurer les milieux d’affaires, en affirmant que sa formation était « le véritable garant de la stabilité économique ». Autrement dit, le gardien de l’ordre existant.

Le débat parlementaire sur le budget en donne d’ailleurs la mesure. On ne compte plus les gages offerts par l’extrême droite aux ultra-riches. Au diapason des dirigeants de la tech, obsédés par la réduction des dépenses de l’État, le RN s’emploie à caresser les plus fortunés : un veto à la taxe Zucman, ainsi qu’à l’impôt sur les holdings et à la hausse de la contribution de solidarité sur les hauts revenus. La connivence est limpide.

 

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