Il y aura
désormais un avant et un après Gaza. Cette guerre génocidaire qui prend fin –
mais il faut rester prudent tant Benyamin Netanyahou est connu pour ne pas
respecter ses engagements – s’est transformée en miroir de notre monde.
Le droit
international n’aura sans doute jamais été autant bafoué, piétiné. La force et
le mépris de la vie humaine sont désormais la règle. Cette guerre consacre en
quelque sorte la montée en puissance des idées les plus réactionnaires,
racistes, suprémacistes et obscurantistes qui innervent nos sociétés.
Ce massacre a
été mené sous prétexte de représailles contre le Hamas. En réalité, Tel-Aviv s’est servi de l’horreur
du 7 octobre pour avancer
vers le but ultime de ce régime : le grand Israël, du Jourdain à la
Méditerranée. Cette vision ne laisse pas place à l’autodétermination du peuple
palestinien et au droit à un État viable.
Semaine après
semaine, mois après mois, année après année, Netanyahou et ses alliés d’extrême
droite se sont moqués de tout, pensant que rien ne pouvait les arrêter, forts
du soutien des États-Unis et de la lâcheté tant des pays européens qu’arabes.
Rien ne semblait pouvoir retenir les fascistes israéliens.
Jusqu’à ce que
les peuples du monde entier se mettent en mouvement, manifestant par millions,
dans les rues de New York et de Paris, de Madrid et de Rio, d’Amman et
d’Istanbul, de Rabat et de Johannesburg, trouvant dans de nombreux
gouvernements, du Brésil à l’Espagne des chambres d’écho.
C’est une
formidable leçon. Alors que Donald Trump (et Joe Biden avant lui) n’a eu de
cesse d’aider son « ami Bibi » dans son entreprise génocidaire, il
s’est retrouvé soudain isolé. Face à la pression populaire, les gouvernements
occidentaux ont commencé à céder du terrain.
L’exigence de
mettre un terme au génocide a affaibli les va-t-en-guerre. Preuve que l’action
collective, dans ce domaine comme en d’autres, peut faire reculer les pouvoirs
aussi puissants soient-ils. Cette force populaire doit rester mobilisée, pour
que cette première étape ne soit pas la dernière. Pour qu’une telle horreur ne
se reproduise plus.

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