vendredi 10 octobre 2025

« La force des peuples », l’éditorial de Pierre Barbancey.



Il y aura désormais un avant et un après Gaza. Cette guerre génocidaire qui prend fin – mais il faut rester prudent tant Benyamin Netanyahou est connu pour ne pas respecter ses engagements – s’est transformée en miroir de notre monde.

Le droit international n’aura sans doute jamais été autant bafoué, piétiné. La force et le mépris de la vie humaine sont désormais la règle. Cette guerre consacre en quelque sorte la montée en puissance des idées les plus réactionnaires, racistes, suprémacistes et obscurantistes qui innervent nos sociétés.

Ce massacre a été mené sous prétexte de représailles contre le Hamas. En réalité, Tel-Aviv s’est servi de l’horreur du 7 octobre pour avancer vers le but ultime de ce régime : le grand Israël, du Jourdain à la Méditerranée. Cette vision ne laisse pas place à l’autodétermination du peuple palestinien et au droit à un État viable.

Semaine après semaine, mois après mois, année après année, Netanyahou et ses alliés d’extrême droite se sont moqués de tout, pensant que rien ne pouvait les arrêter, forts du soutien des États-Unis et de la lâcheté tant des pays européens qu’arabes. Rien ne semblait pouvoir retenir les fascistes israéliens.

Jusqu’à ce que les peuples du monde entier se mettent en mouvement, manifestant par millions, dans les rues de New York et de Paris, de Madrid et de Rio, d’Amman et d’Istanbul, de Rabat et de Johannesburg, trouvant dans de nombreux gouvernements, du Brésil à l’Espagne des chambres d’écho.

C’est une formidable leçon. Alors que Donald Trump (et Joe Biden avant lui) n’a eu de cesse d’aider son « ami Bibi » dans son entreprise génocidaire, il s’est retrouvé soudain isolé. Face à la pression populaire, les gouvernements occidentaux ont commencé à céder du terrain.

L’exigence de mettre un terme au génocide a affaibli les va-t-en-guerre. Preuve que l’action collective, dans ce domaine comme en d’autres, peut faire reculer les pouvoirs aussi puissants soient-ils. Cette force populaire doit rester mobilisée, pour que cette première étape ne soit pas la dernière. Pour qu’une telle horreur ne se reproduise plus.

 

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