Ils sont venus,
ils sont tous là… ou presque. Rarement on aura vu les
députés si nombreux dans la discussion d’un projet de loi de finances. Depuis l’explosion de la coalition
gouvernementale du « socle commun », la bataille d’amendements donne
le tempo. Le sort de chaque article demeure incertain tant que la discussion
n’a pas atteint son terme.
Après avoir renoncé
au 49.3 pour éviter la censure, l’exécutif voit son texte ballotté par les députés, eux-mêmes jouets
de « majorités » changeantes et baroques. Ce suspense fait le bonheur
des chaînes d’info en continu, captivées par un hémicycle transformé en
décor de série Netflix.
Accusations de
trahison, coups bas, retournements d’alliance… Les acteurs font le spectacle,
mais la démocratie en sort-elle grandie ? Autrement dit, le citoyen y
voit-il plus clair sur les grands choix en débat ? Après quelques
jours, l’évidence s’impose : la méthode des
« compromis » minimums vantée par Sébastien Lecornu entre forces que tout oppose sème plutôt la
confusion.
À l’instar du débat
autour de la taxe Zucman
« light ». Dans cette version avancée par le PS, qui menace de
voter la censure si elle n’est pas adoptée, les entreprises innovantes et
familiales seraient exonérées. Si bien qu’on s’éloigne de la philosophie de la
véritable taxe Zucman. Celle-ci a pour objectif premier de
« rattraper » le taux d’imposition des plus riches en
instaurant un prélèvement anti-optimisation fiscale sur les très hauts
patrimoines.
Mais en
exemptant une partie des biens professionnels, sa déclinaison
« light » reproduit les « trous dans le filet » qui
permettent aux grandes fortunes de passer entre les mailles.
Déjà très
fracturée, la gauche pourrait imploser définitivement sur le budget. En
témoigne l’animosité des échanges sur les réseaux sociaux entre
dirigeants du PS et de LFI, qui s’accusent mutuellement de faire alliance
avec la droite, alors que l’hypothèse
d’une dissolution de l’Assemblée n’est pas écartée.
Au final,
chacun prend le risque de tuer la possibilité d’une union électorale de la
gauche, les socialistes regardant vers le « centre », les insoumis se
persuadant que le rassemblement se fera autour d’eux. Au grand espoir de
la droite et de l’extrême droite.

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