lundi 27 octobre 2025

« Budget 2026 ; Quand l'hémicycle se transforme en décor de série Netflix », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Ils sont venus, ils sont tous là… ou presque. Rarement on aura vu les députés si nombreux dans la discussion d’un projet de loi de finances. Depuis l’explosion de la coalition gouvernementale du « socle commun », la bataille d’amendements donne le tempo. Le sort de chaque article demeure incertain tant que la discussion n’a pas atteint son terme.

Après avoir renoncé au 49.3 pour éviter la censure, l’exécutif voit son texte ballotté par les députés, eux-mêmes jouets de « majorités » changeantes et baroques. Ce suspense fait le bonheur des chaînes d’info en continu, captivées par un hémicycle transformé en décor de série Netflix.

Accusations de trahison, coups bas, retournements d’alliance… Les acteurs font le spectacle, mais la démocratie en sort-elle grandie ? Autrement dit, le citoyen y voit-il plus clair sur les grands choix en débat ? Après quelques jours, l’évidence s’impose : la méthode des « compromis » minimums vantée par Sébastien Lecornu entre forces que tout oppose sème plutôt la confusion.

À l’instar du débat autour de la taxe Zucman « light ». Dans cette version avancée par le PS, qui menace de voter la censure si elle n’est pas adoptée, les entreprises innovantes et familiales seraient exonérées. Si bien qu’on s’éloigne de la philosophie de la véritable taxe Zucman. Celle-ci a pour objectif premier de « rattraper » le taux d’imposition des plus riches en instaurant un prélèvement anti-optimisation fiscale sur les très hauts patrimoines.

Mais en exemptant une partie des biens professionnels, sa déclinaison « light » reproduit les « trous dans le filet » qui permettent aux grandes fortunes de passer entre les mailles.

Déjà très fracturée, la gauche pourrait imploser définitivement sur le budget. En témoigne l’animosité des échanges sur les réseaux sociaux entre dirigeants du PS et de LFI, qui s’accusent mutuellement de faire alliance avec la droite, alors que l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée n’est pas écartée.

Au final, chacun prend le risque de tuer la possibilité d’une union électorale de la gauche, les socialistes regardant vers le « centre », les insoumis se persuadant que le rassemblement se fera autour d’eux. Au grand espoir de la droite et de l’extrême droite.

 

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