mardi 9 septembre 2025

« Sébastien Lecornu nommé Premier ministre : Macron persiste et signe », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Des tréfonds du pays sourd une colère irrépressible, mais Emmanuel Macron ne veut rien entendre. En nommant à Matignon un fidèle du premier cercle, Sébastien Lecornu, à la veille d’un mouvement social qui crie le rejet sans appel de sa politique d’austérité, le président de la République choisit de laisser sombrer le pays dans une crise de régime doublée d’une grave crise sociale.

Le message est clair : il n’entend aucunement changer de cap. Son septième premier ministre est le représentant de l’aile la plus droitière de la minorité présidentielle, un homme apprécié du RN qui loue sa « courtoisie », formé à l’UMP de Nicolas Sarkozy et de ses obsessions sur « l’identité nationale ».

Sa mission : continuer à brader les biens communs, à dilapider l’argent public en cadeaux fiscaux aux plus riches. Défait aux dernières élections législatives anticipées, Emmanuel Macron est le visage d’une oligarchie capitaliste qui n’a jamais hésité à renier la démocratie quand ses privilèges sont menacés.

Il est le représentant d’une classe de cousus d’or réfractaires à tout partage des richesses et des pouvoirs, barricadés derrière la défense d’intérêts de classe sur lesquels ils n’entendent rien céder. Le vacillant pouvoir, dont la politique, en France, consiste à dépouiller ceux qui ont peu pour exonérer les plus riches et protéger leur opulence, ne tient plus qu’à un fil. Son bilan est calamiteux.

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a bondi de 14 % : elles sont près de 10 millions. Dans le même temps, la fortune cumulée des 500 plus riches du pays a doublé, passant de 500 milliards d’euros à 1 170 milliards d’euros, soit l’équivalent de 44 % du PIB. La France est devenue la championne d’Europe des dividendes versés : la moitié des 150 milliards de bénéfices du CAC 40 file dans la poche des actionnaires.

Une infime minorité capte une part croissante de la richesse nationale. C’est intenable. Ces inégalités abyssales, indécentes, la France, patrie de l’égalité, ne les tolère plus. Et sa colère est prête à déborder, quel que soit le nom du locataire de Matignon.

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