Des tréfonds du
pays sourd une colère irrépressible, mais Emmanuel Macron ne veut rien
entendre. En nommant à Matignon un fidèle du premier cercle, Sébastien Lecornu,
à la veille d’un mouvement social qui crie le rejet sans appel de sa politique
d’austérité, le président de la République choisit de laisser sombrer le pays
dans une crise de régime doublée d’une grave crise sociale.
Le message est
clair : il n’entend aucunement changer de cap. Son septième premier
ministre est le représentant de l’aile la plus droitière de la minorité
présidentielle, un homme apprécié du RN qui loue sa « courtoisie »,
formé à l’UMP de Nicolas Sarkozy et de ses obsessions sur « l’identité
nationale ».
Sa
mission : continuer à brader les biens communs, à dilapider l’argent
public en cadeaux fiscaux aux plus riches. Défait aux dernières élections
législatives anticipées, Emmanuel Macron est le visage d’une oligarchie
capitaliste qui n’a jamais hésité à renier la démocratie quand ses privilèges
sont menacés.
Il est le
représentant d’une classe de cousus d’or réfractaires à tout partage des
richesses et des pouvoirs, barricadés derrière la défense d’intérêts de classe
sur lesquels ils n’entendent rien céder. Le vacillant pouvoir, dont la
politique, en France, consiste à dépouiller ceux qui ont peu pour exonérer les
plus riches et protéger leur opulence, ne tient plus qu’à un fil. Son bilan est
calamiteux.
Depuis
l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, le nombre de personnes vivant
sous le seuil de pauvreté a bondi de 14 % : elles sont près de
10 millions. Dans le même temps, la fortune cumulée des 500 plus riches du
pays a doublé, passant de 500 milliards d’euros à
1 170 milliards d’euros, soit l’équivalent de 44 % du PIB. La
France est devenue la championne d’Europe des dividendes versés : la
moitié des 150 milliards de bénéfices du CAC 40 file dans la poche des
actionnaires.
Une infime
minorité capte une part croissante de la richesse nationale. C’est intenable.
Ces inégalités abyssales, indécentes, la France, patrie de l’égalité, ne les
tolère plus. Et sa colère est prête à déborder, quel que soit le nom du
locataire de Matignon.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire