Les chiffres sont là, implacables. Entre 1990 et 2023, le nombre de cancers détectés en France a doublé. Chaque année, 400 000 nouveaux cas. Une progression qui ne s’explique pas seulement par un meilleur dépistage. Les études le confirment, sans détour ni édulcorant : les générations nées dans les années 1980 et 1990 ont plus de risques de développer un cancer que leurs aînés. Chez les moins de 50 ans, l’incidence mondiale a bondi de près de 80 % en trente ans. La mortalité, elle, a grimpé de 28 %.
Les chercheurs
parlent « d’épidémie », « de tsunami ». Les
causes ? Connues, documentées, répétées à l’envi : pollution,
pesticides, tabac, alcool, aliments ultra-transformés… Selon les études
scientifiques, 40 % des cancers pourraient être évités. 40 %. Un
chiffre qui devrait faire trembler les murs des ministères. Eux savent que les
multinationales de l’agroalimentaire, celles qui inondent nos supermarchés de
produits cancérigènes, font pression pour bloquer toute réglementation. Depuis
2017, la Macronie a décidé de réduire les aides à l’agriculture biologique.
Pire : on
assiste à la nouvelle tentative de réintroduction de produits toxiques, sous
couvert de sauver l’agriculture. Une agriculture qui rend malades ceux qui la
pratiquent et ceux qui en consomment les fruits. Le pouvoir d’achat s’effondre,
les familles n’ont pas les moyens de se nourrir sainement. Au travail, ce sont
les plus précaires, les intérimaires, et souvent les plus jeunes qui sont
davantage exposés aux substances dangereuses. C’est la danse macabre des
inégalités.
« L’épidémie de cancers » n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques, de
priorités données aux profits plutôt qu’à la santé, aux lobbys plutôt qu’au
bien commun. Chaque année, des milliers de vies sont sacrifiées en silence sur
l’autel de la rentabilité et du profit.
Chaque année,
on nous explique qu’il n’y a pas d’argent pour la prévention, pour la
recherche, pour une alimentation saine. Mais ce pouvoir préfère compter les
morts plutôt que d’aller chercher les milliards là où ils sont. Protéger
l’argent des riches est plus important que sauver la vie des gens. Ils nous
tuent. Littéralement.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire