Une rencontre
« lunaire » selon la secrétaire nationale de la CGT, Sophie Binet, à l’issue de
la réunion de l’intersyndicale avec le premier ministre. On pourrait presque parler d’un théâtre de
l’illusion avec quatre ministres démissionnaires autour de Sébastien Lecornu,
placé là par la seule décision d’Emmanuel Macron, ne pouvant s’appuyer sur
quelque majorité que ce soit dans les urnes ou au Parlement.
Combien de
commentateurs ont glosé sur ses qualités d’homme de droite mais à l’écoute des
uns et des autres en sachant prendre le temps… Un habile négociateur à même de
pouvoir concilier les contraires ou en tout cas de construire des projets que
ses ministres à venir, s’ils viennent, auraient tellement à cœur de mettre en
œuvre, capable d’envisager des « ruptures ».
Rien. Le
premier ministre n’avait rien à dire aux huit syndicats représentatifs de
millions de salariées et de salariés qu’il a reçus. Rien. Le premier ministre
feint de ne pas avoir entendu la volonté de justice sociale et fiscale qui
monte dans le pays, les revendications qui s’expriment sur les retraites, les
services publics, les salaires…
Jamais comme le
18 septembre dernier, dans les rues de plus de 250 villes, on n’avait
entendu une telle mise en cause directe des milliardaires. L’idée de la taxe Zucman est devenue le débat central du pays, soutenue par
plus de 80 % de la population. Ce n’est pas propre à la France et à sa « furie
égalitaire » comme aime le dire la droite. Le débat monte au Brésil,
en Norvège, au Royaume-Uni…
Face à cela, le
grand patronat, les ultra-riches avec Bernard Arnault, l’ami de Trump, en
porte-parole jusqu’à la caricature et le dénigrement, se désolidarisent de la
nation dans une sorte de sécession de plus en plus manifeste. Jusqu’à en
appeler à une grande mobilisation des patrons au risque de se retrouver,
selon l’un d’entre eux, entre deux cents pingouins.
Le premier
ministre sans gouvernement joue absurdement le temps, comme En attendant
Godot, mais le temps ne joue pas pour lui. L’intersyndicale, elle, appelle
à une nouvelle journée de mobilisation, le 2 octobre. Rendez-vous est
pris.

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