mercredi 24 septembre 2025

« L'intersyndicale donne rendez-vous à Lecornu dans la rue le 2 octobre, le billet de Maurice Ulrich.



Une rencontre « lunaire » selon la secrétaire nationale de la CGT, Sophie Binet, à l’issue de la réunion de l’intersyndicale avec le premier ministre. On pourrait presque parler d’un théâtre de l’illusion avec quatre ministres démissionnaires autour de Sébastien Lecornu, placé là par la seule décision d’Emmanuel Macron, ne pouvant s’appuyer sur quelque majorité que ce soit dans les urnes ou au Parlement.

Combien de commentateurs ont glosé sur ses qualités d’homme de droite mais à l’écoute des uns et des autres en sachant prendre le temps… Un habile négociateur à même de pouvoir concilier les contraires ou en tout cas de construire des projets que ses ministres à venir, s’ils viennent, auraient tellement à cœur de mettre en œuvre, capable d’envisager des « ruptures ».

Rien. Le premier ministre n’avait rien à dire aux huit syndicats représentatifs de millions de salariées et de salariés qu’il a reçus. Rien. Le premier ministre feint de ne pas avoir entendu la volonté de justice sociale et fiscale qui monte dans le pays, les revendications qui s’expriment sur les retraites, les services publics, les salaires…

Jamais comme le 18 septembre dernier, dans les rues de plus de 250 villes, on n’avait entendu une telle mise en cause directe des milliardaires. L’idée de la taxe Zucman est devenue le débat central du pays, soutenue par plus de 80 % de la population. Ce n’est pas propre à la France et à sa « furie égalitaire » comme aime le dire la droite. Le débat monte au Brésil, en Norvège, au Royaume-Uni…

Face à cela, le grand patronat, les ultra-riches avec Bernard Arnault, l’ami de Trump, en porte-parole jusqu’à la caricature et le dénigrement, se désolidarisent de la nation dans une sorte de sécession de plus en plus manifeste. Jusqu’à en appeler à une grande mobilisation des patrons au risque de se retrouver, selon l’un d’entre eux, entre deux cents pingouins.

Le premier ministre sans gouvernement joue absurdement le temps, comme En attendant Godot, mais le temps ne joue pas pour lui. L’intersyndicale, elle, appelle à une nouvelle journée de mobilisation, le 2 octobre. Rendez-vous est pris.

 

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