Pendant que la Fête de l’Humanité
battait son plein avec 610 000 participants qui se pressaient dans ses stands, les chaînes d’info
et les radios n’avaient de micros ce week-end que pour Marine Le Pen et
Jordan Bardella. En pure perte ? Il faut l’espérer.
Comme chaque
fois que le mouvement social relève la tête, les fantasmes réactionnaires
perdent du terrain pour laisser place aux vrais problèmes : les
inégalités criantes, les 211 milliards
d’euros d’argent public versés annuellement aux patrons sans contrôle et sans contrepartie, l’austérité
budgétaire qui asphyxie toute vie collective et appauvrit la France avec sa
voirie, ses infrastructures, son dynamisme culturel et son système de soins
hier fiertés mondiales et aujourd’hui en lambeaux.
Malgré les
éructations de l’extrême droite pour faire diversion, tous les journaux se
focalisent sur la grande question du moment : les plus riches vont-ils,
suprême horreur, devoir s’acquitter d’un impôt de 2 % – la fameuse taxe Zucman – sur leur fortune ? La peur change de camp
et étreint soudainement les milieux d’affaires. Une inquiétude bien
plus déterminante, en réalité, que celle de la prétendue « submersion
migratoire » qui ne concerne les beaux quartiers qu’à l’heure du nettoyage
des bureaux.
Si les patrons,
les libéraux et leur presse s’agitent autant, ce ne sont pas tant les
pourparlers entre le PS et Sébastien Lecornu qui les font trembler.
L’Assemblée nationale est exactement la même qu’avec Michel Barnier ou François Bayrou à Matignon, et elle ne compte pas un député rouge de
plus ni un de moins au « socle commun ».
Le Medef
s’inquiète bien plus du frémissement qui monte des usines, des entrepôts
et de la rue. La séquence sociale entamée avec le 10 septembre a déjà fait
chuter Bayrou, de son propre aveu. Elle poursuit sa lancée ce jeudi
par la journée intersyndicale de grève qui s’annonce comme très suivie et
pourrait pousser l’exécutif à revoir sa copie.
Qu’un mouvement
ample cimente les convergences entre la CGT et la CFDT, et resserre les liens distendus à
gauche : voilà la vraie crainte de la droite à l’extrême droite, dans
ce moment d’incertitude politique où le pays peut basculer d’un côté ou de
l’autre.

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