Il parade avec
sa grande carte dans les bras. Petit sourire en coin. La Cisjordanie en toile
de fond. La semaine dernière, Bezalel Smotrich, le ministre fasciste des
Finances de Benyamin Netanyahou, a annoncé, avec une arrogance non feinte, la
réactivation d’un ancien projet de colonisation qui relierait Jérusalem à la
colonie israélienne illégale de Maale Adumim. Ce projet prévoit 3 400
nouveaux logements. Et envisage, à terme, de pousser jusqu’au Jourdain afin de
diviser la Cisjordanie en deux avec, au sud, Hébron et Bethléem, et, au nord,
Naplouse et Ramallah. Quant à Jérusalem-Est, elle se retrouverait plus enclavée
que jamais. Tant et si bien qu’il serait quasi impossible d’en faire la capitale
d’un futur État palestinien.
Imaginé dès
1996 et baptisé E1, ce plan, qui bafoue toutes les résolutions des Nations
unies et le droit international, est resté gelé durant des décennies.
Aujourd’hui, l’extrême droite israélienne le ressuscite sans vergogne avec le
soutien de Benyamin Netanyahou et de Donald Trump. Et la volonté, clairement
édictée, d’anéantir tout espoir d’État palestinien et d’annexer, peu à peu,
l’ensemble de la Cisjordanie.
Cette annonce
ne doit rien au hasard. À quelques jours de l’Assemblée générale des Nations
unies, où la France est censée être la première des grandes puissances
occidentales à reconnaître l’État palestinien, le pouvoir israélien défie la
communauté internationale. Face à la pression diplomatique, Netanyahou et sa clique
suprémaciste lancent un message clair : quelles que soient les résolutions
votées sur le papier, ils continueront en Cisjordanie leur politique
d’apartheid, mêlant confiscation des terres et violences systémiques. Au
règlement politique et légal du conflit, ils préfèrent la force brute et la
stratégie du fait accompli.
Ce bras
d’honneur, parfaitement assumé, poursuit un double objectif. Décrédibiliser les
instances internationales, renvoyées à leur impuissance. Et décourager la
solidarité internationale, en lui faisant comprendre qu’il n’y a plus rien à
espérer. Épaulé par son indéfectible allié américain, encouragé par l’inertie
des grandes puissances, Netanyahou mise sur le renoncement et l’indifférence
pour avancer ses pions. Et accélérer en Cisjordanie l’épuration ethnique déjà
en cours – en proportion monstrueuse – dans la bande de Gaza.
La volonté
destructrice qui anime l’extrême droite messianique israélienne ne peut être
sous-estimée. Chaque jour apporte son lot de preuves que les exactions menées
dans l’enclave palestinienne sont planifiées avec une détermination glaçante.
Lundi 18 août, Amnesty International a publié une nouvelle série de
témoignages attestant d’une campagne délibérée de famine et de destruction des
infrastructures de santé. La malnutrition à grande échelle et la propagation
des maladies ne sont pas les dommages collatéraux des opérations militaires
israéliennes. Mais le résultat attendu de plans génocidaires visant à la
destruction physique, ou au départ forcé, de tout un peuple.
Ne nous
leurrons pas. Cette perspective menace également la Cisjordanie. Et appelle une
réponse de grande ampleur. La reconnaissance symbolique de l’État palestinien
par des pays influents en Europe et au Conseil de sécurité de l’ONU est une
étape indispensable. Mais face à l’impunité dont jouit Netanyahou, soutenu par
les États-Unis, elle ne pourra suffire en soi. Le respect du droit
international ne s’obtiendra qu’avec une pression maximale et coordonnée. La
France et l’Union européenne doivent suspendre sans plus attendre les accords
commerciaux avec Israël, rejoindre les procédures engagées devant la Cour
internationale de justice. Et arrêter de se condamner à l’impuissance face aux
faiseurs de guerre.
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