lundi 9 juin 2025

Choix de gestion municipaux et citoyenneté !



À 9 mois des prochaines élections municipales, les démarches et les approches accompagnées de collectifs, de mouvements « sans étiquette », « citoyens » ou « apolitiques » fleurissent en cette fin de printemps. Cela me fait penser au « Tartuffe de Molière » : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées ». Derrière les mots de proximité, de justice, d’intérêt général, se cache en vérité d’autres intentions beaucoup moins louables. L’avantage de se revendiquer « sans étiquette ou apolitique » vient conforter une idée, vieille comme le monde depuis qu’existe l’élection municipale : « Celle-ci n’est pas politique, il s’agit simplement de faire des choix locaux ». Comme si des choix de gestion dans une ville n’avaient rien à voir avec la politique nationale à l’œuvre. Les gouvernements successifs ont mis les collectivités territoriales au pain sec, la santé publique et l’hôpital sont malades de l’austérité, la crise du logement est la plus grave depuis les années 50, la loi du marché fait des ravages, on renonce à toutes les promesses écologiques. Et voilà que nous est annoncée dans la préparation de la loi de finances 2026 de nouvelles coupes sombres. Tout cela ne concernerait-il pas les citoyens de nos communes ? Toute démarche visant à associer les citoyen-nes à la construction d’un projet local est un passage obligé et indispensable, à condition toutefois de tout mettre sur la table. De ne pas laisser croire que toutes les questions pourraient trouver une réponse au seul plan local. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, les communes apparaissent comme des îlots de démocratie dans un océan d’autoritarisme et, pour ce motif, la gestion municipale est plus politique que jamais. Lorsqu’une commune s’efforce de satisfaire les besoins de la population, elle s’oppose à la politique austéritaire du gouvernement, par exemple dans les domaines de la fiscalité, de la construction sociale et des services publics. Sincèrement, pouvons-nous imaginer des élus progressistes, des militants associatifs attachés aux valeurs de gauche faire silence sur la réforme des retraites du gouvernement ? Sincèrement, peuvent-ils rester silencieux sur la réforme de l’assurance chômage, qui va précariser davantage nombre de sans-emploi ? Sincèrement, peuvent-ils rester silencieux sur l’état dans lequel se trouvent l’hôpital et les urgences ? Sincèrement, peuvent-ils rester silencieux sur la situation de l’habitat qui exclue des millions de nos concitoyens du droit au logement ? Sincèrement, peuvent-ils rester silencieux sur le « nuage de fumée » qui entoure la conversion écologique du Président ? Évidemment non ! J’ajoute enfin que cet « apolitisme » répond aux souhaits de toute la droite, Pris de doute, sur les résultats qu’elle pourrait obtenir, elle pratique ce qu’on appelle la pratique du « coucou ». C’est déjà ce que nous avons vu en 2020.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

MUNICIPALES - ROMAINVILLE : « résistance et innovation » (Robert Clément)

Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...