J’apprends
ce jour la disparition de Paul-Louis ROSSI, auteur prolifique de récits, de
romans, de poèmes et de textes critiques et théoriques, il a su nouer ensemble
des champs des arts et de la pensée qui souvent s’excluent. De magnifiques
souvenirs se bousculent dans mon esprit. En 1986, le Conseil général de la
Seine-Saint-Denis avait décidé d’apporter un soutien actif à la création
littéraire française en permettant chaque année à trois auteurs d’écrire un
livre sur notre département. Ce fut le cas à Romainville où Paul-Louis ROSSI
s’installa, en 1997. J’évoque cette belle aventure dans « À l’âge où la
vie se raconte » « page 135 ». Voici quelques mots que j’ai
prononcés le 14 novembre 1998, lorsque Paul-Louis ROSSI nous avait donné
rendez-vous pour présenter son livre « Les Nuits de
Romainville » :
« Pas
de temps mort, de calme plat dans la traversée de ces quelques cent soixante
pages. J’ai pour ma part, retrouvé, au fil du récit, cet homme débordant de
simplicité, calme et réservé, l’esprit toujours en éveil, celui avec lequel
nous avons partagé durant une année, des moments de joie, de plaisir, de
bonheur et au cours desquels nous avons approfondi son travail d’écrivain de
poète. Un poète sensible, exigeant, qui nous offre avec « Les Nuits de
Romainville » un livre digne des habitants de notre ville et de leur
affection. Il entraîne ses lecteurs dans un récit débordant de surprises, de
rêves, d’étonnements, qui laisse à notre imagination la part belle. Faisant peu
de cas des contraintes du temps et de l’espace, puisant à pleines mains dans
des sources multiples, Paul-Louis ROSSI a composé un objet sincère, vrai, qui
pourra vous apparaître un peu fou, mais qui me semble nourrir d’autres
ambitions que de faire partager la griserie éprouvée et à inventer, à raconter
de belles histoires. Il y a là une maîtrise, une culture, un plaisir exprimé
avec un souci d’extrême précision. Paul-Louis ROSSI est un véritable flâneur
qui sait voir derrière les palissades, et au détour des rues, des sentes et des
jardins, la beauté d’un secret. L’imaginaire surgit derrière une virgule,
emportée par cette écriture presque trop achevée, si elle n’avait, bien sûr,
pour but, elle aussi, de dissimuler, pour après révéler. C’est un récit tout de
sensualité, de désir, du goût des choses simples et cependant cruciales au vif
de notre temps… »

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