mardi 18 février 2025

« Cryptogate » : Javier Milei au cœur du scandale en Argentine pour avoir fait la réclame d’une arnaque pyramidale sur X, l’éditorial de Cathy Dos Santos dans l’Humanité.



Le président argentin, flingueur de l’État régulateur, est catapulté au cœur d’un scandale financier : le cryptogate. Des milliers de personnes ont été arnaquées, après avoir investi dans un ersatz de cryptomonnaie, la $Libra, que Javier Milei a promu sur X, au nom de la « liberté d’entreprendre » si chère au locataire de la Casa Rosada.

Depuis, l’opposition appelle à sa démission ; le chef de l’État, qui s’est empressé de supprimer son tweet, a diligenté une enquête de la Commission des fraudes tandis qu’une centaine de petits porteurs escroqués ont déposé plainte contre lui. « Un crypto-escroc », s’est indignée l’ancienne présidente Cristina Kirchner.

L’apôtre des libertariens est rattrapé par la dangerosité des idées qui l’ont porté au pouvoir. Le « fou », tel qu’il se surnomme, nie toute implication dans cette arnaque 2.0 qui a rapporté, en quelques heures, plusieurs millions de dollars à ses promoteurs.

Mais des utilisateurs des réseaux sociaux des géants de la tech – ceux-là mêmes qui partagent des affinités politiques avec l’Argentin – n’ont pas manqué d’exhumer des clichés où l’on voit Javier Milei prendre la pose avec Julian Peh de Kip Protocol, désigné comme l’un des créateurs de la $Libra, une sorte de « memecoin » à l’origine à but humoristique, mais transformé en un produit spéculatif.

On aurait tort de circonscrire l’affaire à l’Argentine. La cryptomania de Trump – lui aussi grand ami de Milei – a conduit au grand « nettoyage » au sein de l’administration états-unienne. Officiellement, Elon Musk tance sa « bureaucratie ». En réalité, elle est perçue comme une entrave aux manœuvres spéculatives les plus folles des maîtres de Washington. Le locataire de la Maison-Blanche a limogé Gary Gensler, le chef de la commission chargée du contrôle des opérations et des marchés financiers. L’homme n’a rien d’un vilain wokiste ; il envisageait d’introduire quelques règles sur les marchés des monnaies virtuelles.

Autant dire une entrave à la frénésie spéculative du clan Trump qui, avec sa plateforme de change de cryptomonnaies, a décuplé son patrimoine financier. Même la Banque centrale est désormais considérée comme un obstacle à son projet de privatisation de la monnaie. À ce business-là, on ne sait qui du capitalisme ou du libertarianisme finira par dévorer l’autre.

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