Une ambiance de fin de règne pesante. Malgré ses courbettes déshonorantes
au RN, sauf coup de théâtre, le gouvernement Barnier devrait vivre ses
dernières heures aujourd’hui, ce qui ferait de lui le plus éphémère de
l’histoire de la Ve République. C’est tout sauf une surprise.
Dès sa nomination, il était arithmétiquement évident qu’il ne passerait pas
l’hiver. La saignée austéritaire qu’il a voulu infliger au pays n’a pas trouvé
de majorité dans l’Hémicycle.
C’est la suite logique du chaos semé par le président de la République. Et
qui peut savoir de quoi la suite sera faite, tant la démocratie n’a jamais été
si proche du précipice. Non content d’avoir placé Marine Le Pen en arbitre
des élégances, il lui a offert un capital politique inespéré, permettant au RN
d’apparaître comme le défenseur des classes populaires face aux
mesures injustes d’un budget qui refuse d’aller chercher l’argent là où il est.
Il existe pourtant une solution qu’Emmanuel Macron se refuse toujours
d’examiner : respecter le verdict des urnes du 7 juillet, et nommer
Lucie Castets à Matignon. Depuis septembre, les députés du NFP ont démontré,
sur plusieurs amendements, qu’ils pouvaient bâtir des majorités vote par vote.
Le locataire de l’Élysée s’est-il seulement intéressé à la proposition d’un
pacte de non-censure proposée par le député socialiste Boris Vallaud ?
Les macronistes en appellent à « la responsabilité » de la gauche
pour éviter la censure. C’est pourtant de leur propre responsabilité dont il
est question dans cette séquence : le retour du progrès social et de
l’espoir dans notre pays ou la cohabitation avec l’extrême droite.
Si Macron s’entête dans cette stratégie qui rappelle le funeste « plutôt
Hitler que le Front populaire », il devra l’assumer devant l’Histoire.
Lui qui vient d’annoncer la panthéonisation de Marc Bloch a-t-il au moins
conscience que l’Étrange Défaite, chronique implacable de la
capitulation des élites face au nazisme, lui tend son propre miroir ? Si
le président de la République ne respecte pas la démocratie, sa démission avant
2027 deviendra inéluctable.

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