Donc, Emmanuel Macron a choisi à l’île de Sein, l’un des hauts lieux de la
Résistance dont la quasi-totalité des marins pêcheurs avait rejoint la France
libre, pour y fustiger la gauche avec des caricatures outrancières. Outre son
programme économique, présenté comme une catastrophe – pensez donc, elle
rétablirait l’ISF, entre autres –, il suffirait avec elle d’entrer dans une
mairie pour changer de sexe. En plus de cela, elle serait « immigrationniste ».
En d’autres termes, à deux doigts d’organiser « le grand
remplacement ». Sauf erreur c’est le même Emmanuel Macron qui épouse ici
les thèses du RN et qui saluait il y a peu l’entrée au Panthéon de Mélinée
et Missak Manouchian avec leurs camarades « étrangers et nos
frères pourtant ». La veille, le Parisien, proche du
président, évoquant dans l’éditorial les programmes du Nouveau Front populaire
et du Rassemblement national, donnait deux pages à Jordan Bardella pour exposer
ce dernier et qui y déclarait : « Pour gouverner j’ai besoin
d’une majorité absolue. » Peut-être pas. Avec l’aide du
président, qui semble en avoir fait le choix, une cohabitation bien consentie
pourrait faire l’affaire.
jeudi 20 juin 2024
« À l’île de Sein », le billet de Maurice Ulrich.
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