mardi 2 juin 2026

Quand l’Église se soustrait aux lois de la République, le billet de Maurice Ulrich.



Le secret de la confession ne sera pas levé. C’était lundi 1er juin à l’Assemblée la condition requise par une partie des députés pour obtenir, ce qui a été le cas, un vote unanime du projet de loi de la commission Bétharram sur la protection des enfants en milieu scolaire.

L’article 9 de la proposition de loi était le suivant : « Les ministres du culte sont soumis aux obligations de dénonciation des faits de violences sur mineurs, y compris s’ils en ont eu connaissance dans l’exercice de leurs fonctions : aucun secret de la confession ne saurait s’y opposer. »

L‘Église de France était contre et vent debout, comme la presse Bolloré, au motif que l’Assemblée ne peut pas dicter les lois de l’Église. On peut renverser le propos. L’Église peut-elle se soustraire aux lois de la République et, peut-être plus largement encore, aux lois morales de la communauté humaine ? On se gardera ici de tout procès. Mais après des décennies et des siècles de secrets et de complicités du silence, la transparence reste, selon la formule de Kant, un impératif catégorique.

 

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