« Au grand et fier peuple d’Iran, je dis ce soir que l’heure de votre
liberté est à portée de main », a déclaré Donald Trump au moment où, avec l’armée israélienne, il faisait
tomber une pluie de bombes sur
le pays. Oui, le peuple iranien a soif de
liberté. En janvier, des milliers d’entre eux l’ont payé de leur vie, victimes
de la répression sanglante des mollahs.
Ils avaient
gagné la rue pour dénoncer tant des conditions de vie devenues indignes que
l’oppression du régime. Cette quête avait pris les traits, avant cela, de Mahsa
Jîna Amini avec le mouvement « Femme, vie, liberté », après la mort
de l’étudiante de 22 ans, tuée par la police des mœurs iranienne.
Mais sous les
bombes, c’est le chaos qui advient. Les guerres en Irak, en Syrie, en Libye et
tant d’autres l’ont montré. Le locataire de la Maison-Blanche n’en a que faire,
lui qui combat pied à pied dans son propre pays les libertés qu’il prétend
défendre en Iran. C’est le même président états-unien qui envoie ses nervis de
l’ICE traquer les migrants, quitte à tuer des opposants, s’attaque aux droits
des femmes, des minorités, des universitaires… Son objectif est évidemment
ailleurs.
Comme en
Amérique latine, avec le kidnapping du
président vénézuélien Nicolas Maduro, comme avec ses menaces sur le Groenland, comme avec son entreprise de
démantèlement de l’ONU qu’il entend remplacer par un « conseil de la
paix » entièrement à sa main, c’est le monde, et le Moyen-Orient en
l’occurrence, que Donald Trump veut mettre en coupe réglée. En toute complicité
avec son inconditionnel allié, Benyamin Netanyahou, dont la guerre génocidaire
à Gaza ne sonne aux oreilles du président milliardaire que comme autant de
dollars à encaisser à l’avenir.
En Iran, les
deux éminents membres de l’internationale brune pourraient d’ailleurs se
satisfaire d’un changement de pouvoir plutôt que de régime mais encouragent, au
cas où, le recours à Reza Pahlavi, fils du chah chassé du pouvoir en 1979. Dans
un cas comme dans l’autre, ce sont bien celles et ceux au nom desquels Donald
Trump et Benyamin Netanyahou prétendent agir qui seront, une fois de plus, les
victimes. Pour ceux qui ne seront pas morts sous les bombes.

