Gisèle Pelicot,
victime pendant des années des viols sous soumission chimique perpétrés par son mari et une cinquantaine de
complices, rompt le silence. Dans Et la joie de vivre, elle livre un
témoignage poignant, entre « la vie d’avant » et « la
vie d’après ». Figure emblématique de la lutte contre les violences
faites aux femmes depuis son refus du huis clos lors du procès des viols de Mazan, elle rejette pourtant toute étiquette de
« modèle » ou d’« icône ». Mais son récit agit comme un
révélateur implacable. Notre société a un problème : les hommes.
Des faits
récents viennent cruellement confirmer que son histoire n’est pas un cas isolé.
D’abord, l’insoutenable affaire de ce petit garçon de
5 ans, drogué et violé par dix hommes. Ensuite, l’expérience glaçante menée par le journaliste canadien Hugo
Meunier : un an après le procès de Mazan, il publie une annonce similaire
à celle de Dominique Pelicot sur un site québécois.
Résultat ?
En douze heures, des dizaines d’hommes répondent favorablement. En
quarante-huit heures, ils sont 105. Enfin, les millions de requêtes d’hommes
qui ont utilisé l’IA de X Grok pour déshabiller des
photos de femmes et de filles
avec la bénédiction amusée d’Elon Musk, l’un des papes du masculinisme.
Ces exemples,
parmi tant d’autres, le prouvent : les violences sexuelles et sexistes
sont avant tout une affaire d’hommes. Dans la tribune pétition d’ONU Femmes
France « Le silence des hommes doit cesser », initiée par David
Pelicot, les signataires martèlent un constat accablant : « Les
auteurs de violences ne sont pas des cas isolés. Ce sont des hommes ordinaires,
de tous âges, de tous milieux, de toutes professions. »
L’un des
signataires, l’acteur Bruno Solo, enfonce le clou : « Les femmes
attendent que nous changions notre logiciel, ce patriarcat tout-puissant, ces
mâles dominants qui pensent que tout leur est dû. » Cette dimension
systémique des violences faites aux femmes est une évidence. Et pour ne pas la
minorer, le changement de logiciel doit commencer par le bannissement de la
phrase « pas tous les
hommes » que nous,
hommes, avons tous entendu… ou prononcé, tel un réflexe, lorsque ce genre
d’histoire fait irruption dans l’actualité et dans nos vies.

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