vendredi 20 février 2026

« La punition d’Amélie de Montchalin pour avoir menti ? Être nommée à la Cour des comptes », l’éditorial de Laurent mouloud.



Il fallait voir son aplomb. Le 14 janvier, à l’Assemblée nationale, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, agrippe le micro et répond « les yeux dans les yeux » à la députée PCF Elsa Faucillon. Non, il n’y a pas de document « ou même de réalité » qui ferait qu’une dizaine de milliers de fortunés Français ne payent aucun impôt sur le revenu.

Juré, craché. « Je vous le confirme avec toute la transparence qui est la mienne. » On connaît la suite. Une note de Bercy vient de révéler que, au minimum, 13 335 contribuables soumis à l’impôt sur la fortune immobilière contournent bien le fisc, au point de ne pas lui verser un kopeck. La ministre a donc menti devant la représentation nationale – si ce n’est de manière éhontée, du moins par approximation.

Cette tentative de masquer la réalité est au cœur des errements de la politique budgétaire macroniste. Une politique hors-sol, profondément idéologique, qui vise à préserver, coûte que coûte, un système fiscal sanctuarisant les avantages des plus riches au détriment des classes populaires et moyennes, culpabilisées, elles, par l’épouvantail du déficit.

Cette iniquité invraisemblable ne peut être tolérée. Elle pèse lourdement sur les recettes budgétaires. Mais sape également la confiance dans la parole publique. Et menace, in fine, le consentement à l’impôt, socle de notre cohésion nationale.

Un débat lucide doit être mené sur la fiscalité – l’ancien ministre Éric Lombard le préconise lui-même. Avec pour objectif de tordre le cou aux niches fiscales qui surfavorisent les plus aisés, de percer ces « holdings coffres-forts » et autres techniques d’optimisation qui permettent de dissimuler les grosses fortunes. Bref, de restaurer ce principe simple : chacun contribue selon ses moyens.

Cet effort de justice et de transparence demande un vrai courage politique, dont la Macronie semble totalement dépourvue. Comme une réponse à la polémique fiscale, le chef de l’État a bombardé Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Elle va donc pouvoir contrôler le budget qu’elle a elle-même élaboré. Et continuer de fermer les yeux sur les évadés de l’impôt. « Avec toute la transparence qui est la (s) ienne. » Évidemment.

 

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