Il fallait voir
son aplomb. Le 14 janvier, à l’Assemblée nationale, Amélie
de Montchalin, ministre des Comptes publics, agrippe le micro et répond « les yeux dans
les yeux » à la députée PCF Elsa Faucillon. Non, il n’y a pas de
document « ou même de réalité » qui ferait qu’une dizaine de
milliers de fortunés Français ne payent aucun impôt sur le revenu.
Juré, craché. « Je
vous le confirme avec toute la transparence qui est la mienne. » On
connaît la suite. Une note de Bercy vient de révéler que, au minimum, 13 335 contribuables
soumis à l’impôt sur la fortune immobilière contournent bien le fisc, au point de ne pas lui verser un
kopeck. La ministre a donc menti devant la représentation nationale – si ce
n’est de manière éhontée, du moins par approximation.
Cette tentative
de masquer la réalité est au cœur des errements de la politique
budgétaire macroniste. Une politique hors-sol, profondément idéologique,
qui vise à préserver, coûte que coûte, un système fiscal sanctuarisant les
avantages des plus riches au détriment des classes populaires et moyennes,
culpabilisées, elles, par l’épouvantail du déficit.
Cette iniquité
invraisemblable ne peut être tolérée. Elle pèse lourdement sur les recettes
budgétaires. Mais sape également la confiance dans la parole publique. Et
menace, in fine, le consentement à l’impôt, socle de notre cohésion nationale.
Un débat lucide
doit être mené sur la fiscalité – l’ancien ministre Éric Lombard le
préconise lui-même. Avec pour objectif de tordre le cou aux niches fiscales qui surfavorisent les plus aisés, de percer
ces « holdings coffres-forts » et autres techniques d’optimisation
qui permettent de dissimuler les grosses fortunes. Bref, de restaurer ce
principe simple : chacun contribue selon ses moyens.
Cet effort de
justice et de transparence demande un vrai
courage politique, dont la Macronie semble totalement dépourvue. Comme une
réponse à la polémique fiscale, le chef de l’État a bombardé Amélie
de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.
Elle va donc pouvoir contrôler le budget qu’elle
a elle-même élaboré. Et continuer de fermer les yeux sur les évadés
de l’impôt. « Avec toute la transparence qui est la (s) ienne. »
Évidemment.
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