8 février 1962 – 8 février 2013 « N’oublions pas » !
Ils étaient cent, ils étaient mille, des pensées
rouges sous leurs casques noirs. Nous étions cent, nous étions cent mille, des
cris de paix, de justice, dans nos bouches ardentes. Ils étaient cent, ils
étaient mille, des taches rouges sur leurs bâtons noirs. Nous étions cent, nous
étions cent mille, des cris de douleur, de colère, dans nos bouches sanglantes.
Dis-le tout bas camarade, dis le bien haut : Hyppolyte est mort, Raymond
est mort, Édouard est mort, Jean-Pierre est mort et Daniel qui n’avait pas
seize ans est mort aussi. Dis-le tout bas camarade, dis le bien haut : Suzanne
est morte, Fanny est morte et Anne qui n’avait pas 24 ans est morte aussi. Maurice
est mort longtemps après, Aïd, lui, n’arrive pas à mourir. Dis-le tout bas,
dis-le bien haut camarade. Ils étaient cent, ils étaient mille, haineux,
casqués, haineux bottés, haineux armés. Ils étaient cent, ils étaient mille, gardes
du Prince, déchaînés. Nous étions cent, nous étions cent mille à manifester. Cent
mille et onze martyrs.

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