Alors que le
brouillard de la répression n’est pas totalement dissipé, les Iraniens comptent
leurs morts. De plusieurs
centaines annoncées dès les premiers jours de manifestations, le chiffre a vite
atteint des milliers. Les témoignages qui nous parviennent sont sans appel.
Mais le soulèvement qui a démarré le 28 décembre ne relève pas seulement
d’une question humanitaire. Il s’agit d’un cri pour des droits humains.
L’exigence d’un
peuple à vivre libre, de jeunes qui veulent décider de leur avenir sans
contraintes, de femmes qui ne veulent plus qu’on leur impose le voile, de
travailleurs qui voudraient ne pas avoir à multiplier les petits boulots pour
arriver à boucler les fins de mois. Le guide suprême, Ali Khamenei, n’a eu,
face à ces demandes légitimes, et comme toujours, qu’une réponse, létale,
traitant les manifestants de traîtres et de terroristes.
Donald Trump a pensé
qu’il pouvait surfer sur cette révolte faisant croire que, tel le chevalier blanc, il allait venir au secours de
ce peuple iranien martyrisé avec, dans ses bagages, l’héritier du shah. Ses
déclarations tonitruantes n’ont servi qu’à masquer sa duplicité.
Car, en
réalité, seuls comptent les intérêts des États-Unis. Si le clergé iranien et
les gardiens de la révolution rentrent dans le rang et se plient aux
injonctions de Washington, qu’importe le sort des Iraniens. Ces derniers sont
les grands sacrifiés de cette realpolitik.
Quoi qu’il
arrive maintenant, rien ne sera plus comme avant en Iran. En septembre 2022, le
mouvement « Femme, vie, liberté » avait déjà fait bouger les lignes.
Le régime s’était avéré incapable de s’opposer aux Iraniennes qui, en masse,
avaient manifesté vêtues librement et continuent à défier les gardiens des
mœurs. Cette fois, la question se pose de la création d’un mouvement pluriel et
progressiste, apte à éviter les écueils, à ne pas tomber de Charybde en Scylla,
entre les prétentions royalistes et les fausses aides d’États étrangers. Si les
ayatollahs pensent avoir éteint le feu, la braise est toujours vive.

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