Les
images qui nous parviennent de Minneapolis sont terrifiantes,
insoutenables. Alex Pretti est plaqué à terre,
des agents fédéraux de l’immigration le ceinturent. Il n’est
plus en possession de son arme dont il n’a pas fait usage et, pourtant, il est froidement
abattu de plusieurs tirs.
Scène d’horreur
qui se répète tragiquement, deux semaines après le meurtre de Renee
Good, une mère de famille sans histoire, tuée d’une
balle dans la tête par un membre de l’ICE. Alex Pretti était infirmier de
profession ; il manifestait son opposition aux
rafles de la police de l’immigration et des douanes,
qui a fait de l’État démocrate l’épicentre d’une chasse
aux sorcières aveugle.
Les
statistiques offrent un cinglant démenti aux théories du bureau Ovale et à sa
guerre contre les immigrants : la majorité des détenus ne
sont pas des clandestins et n’ont pas maille à partir avec la
justice. Mais qu’importent les faits, la politique du chiffre permet d’injecter
des milliards de dollars dans cette entreprise répressive, létale.
Le drame de
Minneapolis ne relève pas de la bavure ; il est la funeste
conséquence d’une offensive idéologique où la fin justifie les
moyens. Dans un invraisemblable renversement des rôles, le conseiller de
la Maison-Blanche, Stephen Miller, a osé qualifier Alex Pretti d’« assassin ».
Le vice-président J.
D. Vance a imputé le « chaos orchestré » à « des agitateurs
d’extrême gauche, en
collaboration avec les autorités locales ». Donald Trump et les lieutenants de
la contre-révolution fascisante voient des ennemis
de l’intérieur partout. Et déploient une inquiétante armada
contre des boucs émissaires, ses opposants et les contre-pouvoirs.
Le président,
tout occupé à ses prétentions d’empereur du monde, a peut-être
mésestimé la résistance qui
voit le jour à Minneapolis et dans les grandes villes des États-Unis. Ici et là, des manifestants bravent des
températures glaciales pour refuser l’arbitraire. Ces garde-fous citoyens
s’organisent à l’échelle de rues et de quartiers, créent des boucles sur les
réseaux sociaux pour protéger leurs voisins, alertent l’opinion
publique. Cette riposte – même embryonnaire – est la planche de salut d’un
pays abîmé par d’inquiétantes dérives dictatoriales.

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