lundi 26 janvier 2026

« États-Unis : le drame de Minneapolis n’est pas une bavure », l’éditorial de Cathy Dos Santos



Les images qui nous parviennent de Minneapolis sont terrifiantes, insoutenables. Alex Pretti est plaqué à terre, des agents fédéraux de l’immigration le ceinturent. Il n’est plus en possession de son arme dont il n’a pas fait usage et, pourtant, il est froidement abattu de plusieurs tirs.

Scène d’horreur qui se répète tragiquement, deux semaines après le meurtre de Renee Good, une mère de famille sans histoire, tuée d’une balle dans la tête par un membre de l’ICE. Alex Pretti était infirmier de profession ; il manifestait son opposition aux rafles de la police de l’immigration et des douanes, qui a fait de l’État démocrate l’épicentre d’une chasse aux sorcières aveugle.

Les statistiques offrent un cinglant démenti aux théories du bureau Ovale et à sa guerre contre les immigrants : la majorité des détenus ne sont pas des clandestins et n’ont pas maille à partir avec la justice. Mais qu’importent les faits, la politique du chiffre permet d’injecter des milliards de dollars dans cette entreprise répressive, létale.

Le drame de Minneapolis ne relève pas de la bavure ; il est la funeste conséquence d’une offensive idéologique où la fin justifie les moyens. Dans un invraisemblable renversement des rôles, le conseiller de la Maison-Blanche, Stephen Miller, a osé qualifier Alex Pretti d’« assassin ». 

Le vice-président J. D. Vance a imputé le « chaos orchestré » à « des agitateurs d’extrême gauche, en collaboration avec les autorités locales ». Donald Trump et les lieutenants de la contre-révolution fascisante voient des ennemis de l’intérieur partout. Et déploient une inquiétante armada contre des boucs émissaires, ses opposants et les contre-pouvoirs.

Le président, tout occupé à ses prétentions d’empereur du monde, a peut-être mésestimé la résistance qui voit le jour à Minneapolis et dans les grandes villes des États-Unis. Ici et là, des manifestants bravent des températures glaciales pour refuser l’arbitraire. Ces garde-fous citoyens s’organisent à l’échelle de rues et de quartiers, créent des boucles sur les réseaux sociaux pour protéger leurs voisins, alertent l’opinion publique. Cette riposte – même embryonnaire – est la planche de salut d’un pays abîmé par d’inquiétantes dérives dictatoriales.

 

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