Qu’importent
les bombardements, l’enlèvement et la
séquestration à New York du président Nicolás Maduro, le pétrole vénézuélien est une obsession. Jamais
Washington n’a digéré la perte de ce butin qu’il considère comme sien
au nom d’une doctrine inique, illégale et dangereuse. Le locataire de la
Maison-Blanche et la voix de son maître, Marco Rubio, chargé
du nettoyage idéologique de l’hémisphère occidental, sont très
clairs : ils se moquent de la démocratie, des droits et de
la légitimité ou non du pouvoir.
Les
chancelleries européennes prêchent pour une transition politique que, pour
l’heure, n’envisage pas l’administration américaine. Avec
le putsch du 3 janvier, elle veut faire main basse sur les plus
importantes réserves pétrolières mondiales, mais aussi briser l’émergence d’une
architecture monétaire alternative qui fragilise le pétrodollar. En fait, la ploutocratie fascisante joue la survie
de son empire.
Les
sanctions économiques avaient pour objectif de « faire
hurler l’économie » vénézuélienne, selon le même schéma
déployé par Kissinger au Chili en 1973 pour asphyxier le socialisme de l’Unité
populaire d’Allende. Les conséquences de cette guerre économique ont été
effroyables. Elles ont aussi accéléré les accords entre Caracas et Pékin.
L’an dernier, plus de 80 % des
exportations pétrolières sont parties en Chine.
Comble pour
Washington : ces échanges commerciaux ont banni le roi dollar au profit du
yuan et de la cryptomonnaie. Le pays de Bolivar a ainsi contourné les mesures
de rétorsion, s’est rapproché des Brics, et a contribué à fissurer une
hégémonie en privant le système financier états-unien d’importantes devises.
L’agression
contre Caracas viole la souveraineté d’un pays et piétine la Charte des
Nations unies. Elle est
aussi un aveu de faiblesse du capitalisme en crise qui cherche, par tous les
moyens, à sauver sa peau. Le problème avec le Venezuela, c’est que Donald Trump
se heurte à un État – critiquable, certes –, mais dont les pouvoirs et les
institutions fonctionnent.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire