mardi 23 décembre 2025

« Nouveau porte-avions : le cadeau de noël à 10 milliards d’Emmanuel Macron », l’éditorial de Maurice Ulrich.



« J’ai décidé de doter la France d’un nouveau porte-avions. » C’est à Abu Dhabi, où il est allé partager un repas de Noël avec les 900 militaires stationnés dans l’émirat, qu’Emmanuel Macron a fait cette annonce. Le président de la République est certes le chef des armées, mais on peut s’étonner de la formule, quand bien même elle a été précédée de quelques précautions de langage : « Conformément aux deux dernières lois de programmation militaire et après un examen complet et minutieux. »

Un examen complet qui a pourtant échappé à la représentation nationale pas plus tard que la semaine passée. À aucun moment, lors du débat sur le budget de la défense, avec une hausse annoncée depuis 2024 et d’ici à 2030, de 47 %, la mise en chantier d’un nouveau porte-avions n’a été évoquée.

J’ai décidé. C’est donc un président à dix-huit mois de la fin d’un second mandat calamiteux, à la peine dans les enquêtes de popularité depuis des mois avec 12 à 16 % d’opinions favorables, dans l’incapacité d’obtenir de son cinquième gouvernement en quatre ans un budget qui tienne la route, qui décide d’engager la France dans une option militaire stratégique à 10 milliards d’euros au bas mot à l’horizon 2038.

On aimerait, c’est peu de le dire, qu’il ait la même capacité de projection pour l’éducation, la santé, les questions environnementales ou encore, par exemple, la question de l’égalité hommes-femmes qui devait être une des grandes causes de son quinquennat, quoi qu’en pensent les « sales connes ». « Je serai, a-t-il dit, le garant de cet engagement. » On peut se demander comment.

« À l’heure des prédateurs, a encore déclaré le président, nous devons être forts pour être craints. » Les prédateurs ? La notion géopolitique est floue, pour le moins. Les prédateurs, c’est tout le monde et personne, y compris au moment où, tout en exigeant un engagement financier plus important de la part des pays de l’Otan, les États-Unis se désolidarisent de l’Europe. Contrairement à la dissuasion nucléaire, un porte-avions est une arme de projection. Pour aller où ?

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

MUNICIPALES - ROMAINVILLE : « résistance et innovation » (Robert Clément)

Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...