Loin de nous
l’idée de jouer les rabat-joie. Mais la lucidité commande de regarder les
choses en face : les élections municipales
des 15 et 22 mars prochains s’annoncent très périlleuses. Dans de nombreuses villes où la gauche aurait toutes
ses chances en s’unissant, ses forces partiront divisées au premier tour,
sans que l’on n’en cerne bien la justification.
Pis encore,
elles pourraient aussi s’affronter au second tour, au
risque de faire le lit de la droite ou du RN, qui en profiterait
alors pour s’imposer dans des triangulaires sans être majoritaire en
voix. Cette désunion ne sera pas seulement le fait de villes à (re)
prendre à la droite, mais également, dans une poussée quasi
suicidaire, de communes actuellement dirigées par
des maires de gauche.
Comme souvent
en pareille situation, la responsabilité est
partagée. Le PS et LFI se disputent la première marche
du podium dans la course à qui se montrera le plus
inflexible. Dans Politis, Jean-Luc Mélenchon confirmait,
en novembre, cette attitude en ne ciblant que ses
« partenaires » de gauche.
« Les communistes ne proposent rien si ce n’est la reconduction des
sortants », osait le
fondateur de LFI, comme si ce principe qui a fait ses preuves pour
garder des villes à gauche pouvait être balayé d’un revers de
main. Les socialistes ne sont pas en reste en
excluant tout « accord national » avec LFI,
qui n’espérait que ça. « Comment comptent-ils gagner sans
nous ? » raille Jean-Luc Mélenchon.
Ce dernier, comme Olivier Faure, enjoint l’autre de donner des gages entre les deux
tours. « Nous n’accepterons pas (de) porter leurs valises », taclait le leader de
LFI. « Ce sera à l’insoumis Sébastien Delogu (à Marseille) de dire
ce qu’il veut faire », répondait en écho le chef des socialistes dans l’Humanité.
L’oubliée de ces rivalités est la population. À
quoi bon la sommer de choisir entre « deux gauches » si
c’est pour la livrer à la droite ?
La capitale cristallise cette situation, où les sondages font
craindre un jeu de massacre. « Il ne faut pas qu’un socialiste
soit maire de Paris », a affirmé la tête de liste LFI,
Sophia Chikirou. C’est malheureusement une ambition
partagée par Rachida Dati.

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