mercredi 31 décembre 2025

« L’A69, et les renoncements environnementaux de la Macronie », l’éditorial de Marion d’Allard.



Feu vert. La cour administrative de Toulouse a validé, mardi, l’autorisation environnementale de l’A69. Les pelleteuses ne couperont donc pas les moteurs. Pour l’instant. Car, dans la foulée, le collectif La voie est libre, qui se bat depuis des années contre ce projet inutile, a annoncé se pourvoir « immédiatement » en cassation devant le Conseil d’État. Feu rouge ?

Cette énième décision de justice rouvre un chapitre dans un dossier tentaculaire, transformé en une interminable partie de Mille Bornes. Censé relier Toulouse (Haute-Garonne) à la rocade de Castres (Tarn), le tronçon autoroutier de 53 km, confié en concession à la société Atosca, est devenu le terrain d’une opposition frontale.

Ses promoteurs – au premier rang desquels le gouvernement – s’accrochent mordicus à la nécessité prétendument impérieuse de désenclaver les villes de Castres et Mazamet (Tarn), là où les défenseurs de l’environnement et les élus de gauche dénoncent la mise en service de « l’autoroute la plus chère de France », au prix d’une bétonnisation outrancière d’espaces naturels.

Si l’A69 a de longue date dépassé le cadre du débat local, c’est que ce chantier est un puissant révélateur des incohérences stratégiques d’un gouvernement qui se complaît dans l’affichage de grandes ambitions environnementales, sans que jamais les actes traduisent les belles paroles. De reculs en reniements, la préservation de la nature, de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique sont passées au second plan des priorités politiques.

Si la France, en la matière, ne fait pas exception, Emmanuel Macron a bel et bien fait preuve de zèle. Rénovation thermique des bâtiments, zones à faibles émissions, artificialisation des sols, pesticides… L’intention, systématiquement, s’évanouit dans l’inaction.

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