Feu vert. La cour administrative de
Toulouse a validé, mardi,
l’autorisation environnementale de l’A69. Les pelleteuses ne
couperont donc pas les moteurs. Pour l’instant. Car, dans la foulée, le
collectif La voie est libre, qui se bat depuis des années contre ce projet
inutile, a annoncé se pourvoir « immédiatement » en cassation
devant le Conseil d’État. Feu rouge ?
Cette énième
décision de justice rouvre un chapitre dans un dossier tentaculaire,
transformé en une interminable partie de Mille Bornes. Censé relier
Toulouse (Haute-Garonne) à la rocade de Castres (Tarn), le tronçon autoroutier
de 53 km, confié en
concession à la société Atosca, est devenu le terrain d’une opposition frontale.
Ses promoteurs
– au premier rang desquels le gouvernement – s’accrochent mordicus à
la nécessité prétendument impérieuse de désenclaver les villes de
Castres et Mazamet (Tarn), là où les défenseurs de
l’environnement et les élus de
gauche dénoncent la mise en service de « l’autoroute la plus chère de
France », au prix d’une bétonnisation outrancière d’espaces
naturels.
Si l’A69 a
de longue date dépassé le cadre du débat local, c’est que ce chantier est
un puissant révélateur des incohérences stratégiques d’un gouvernement qui
se complaît dans l’affichage de grandes ambitions environnementales, sans que
jamais les actes traduisent les belles paroles. De reculs en reniements,
la préservation de la nature, de la biodiversité et la lutte
contre le réchauffement climatique sont passées au second plan des
priorités politiques.
Si la France,
en la matière, ne fait pas exception, Emmanuel Macron a bel et bien
fait preuve de zèle. Rénovation thermique des bâtiments, zones à faibles
émissions, artificialisation des sols, pesticides… L’intention,
systématiquement, s’évanouit dans l’inaction.

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