mardi 4 novembre 2025

« Zohran Mamdani réveille les anti-Trump et sort les démocrates du coma », l’éditorial de Marion d’Allard »

 


Simple étincelle ou véritable lueur d’espoir dans la longue nuit trumpienne, une chose est sûre, Zohran Mamdani a craqué l’allumette. À 34 ans à peine, l’élu socialiste – comme il se définit lui-même – du Queens pourrait bien remporter la mairie de New York, ce mardi, au terme d’une intense campagne de terrain, menée pied à pied et porte à porte.

L’ascension fulgurante de celui qui n’était crédité que de 1 % des voix il y a encore quelques mois est un révélateur puissant. Dans une société états-unienne plus clivée que jamais, la franchise d’un programme résolument de gauche – taxer les plus riches pour financer le gel des loyers, la gratuité des transports et l’ouverture de crèches gratuites – s’est avérée une stratégie payante, capable de réengager un électorat désabusé. En particulier dans les rangs de la jeunesse. Les chiffres record de participation des votes anticipés en attestent.

Le tour de force de la campagne de Mamdani réside sans doute dans sa capacité à avoir su rassembler les électeurs traditionnels d’une ville historiquement démocrate et les primo-votants. Donné au bas mot dix points devant Andrew Cuomo, perdant de la primaire démocrate et figure d’un establishment repoussoir, Zohran Mamdani est en passe de faire d’une pierre deux coups : consolider le front anti-Trump au moment où les sondages d’opinion attestent d’une hostilité exponentielle aux politiques du président milliardaire, et bousculer, en interne, la stratégie d’un Parti démocrate discrédité, phagocyté par quelques potentats.

Musulman, militant de la cause palestinienne, fermement ancré à gauche, naturalisé en 2018 et soutenu par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, Zohran Mamdani est tout ce que l’Amérique suprémaciste et rétrograde de Donald Trump exècre.

Le voilà au perron de la plus grande ville des États-Unis, celle-là même où le magnat de l’immobilier devenu président a fait prospérer ses affaires. Grisant paradoxe. Gageons qu’aux États-Unis comme ailleurs, l’exemple de la ville qui ne dort jamais en réveille beaucoup d’autres.

 

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