jeudi 6 novembre 2025

« La victoire de Zohran Mamdani à New York inquiète la bourgeoisie jusqu’en France », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Donald Trump a tout fait pour que Zohran Mamdani ne soit pas élu maire de New York. Il a menti en prétendant que le nouveau maire de New York était pro-Hamas et antisémite. Il l’a insulté, du moins le pense-t-il, en accusant le candidat d’être un « communiste ». Ce qui dans la bouche du locataire de la Maison-Blanche est l’anathème suprême. Il est allé jusqu’à menacer les New-Yorkais de leur couper les financements fédéraux.

De quoi poser quelques questions (et donner quelques réponses) quant au respect que le président des États-Unis porte à la liberté de vote de ses concitoyens. Imagine-t-on les réactions que cela aurait suscitées dans le monde si un autre chef d’État s’était comporté de cette manière ? Mais Donald Trump n’était pas le seul adversaire du candidat. Une coalition de milliardaires a balancé des dizaines de millions de dollars pour le faire chuter et appuyer le perdant de la primaire démocrate, qui s’est assis sur le scrutin militant.

Cette débauche de haine donne encore plus de sens à la victoire de Zohran Mamdani. Ce succès exprime le rejet de Trump certes, mais pas seulement. Il démontre que l’aspiration au changement, pour peu qu’elle trouve une perspective, peut devenir une force, une dynamique capable de bouleverser en profondeur un paysage politique. C’est cette dimension de la victoire du candidat socialiste qui inquiète la bourgeoisie, jusqu’en France. Ce n’est pas pour rien que les médias aux ordres des milliardaires tapent sur Mamdani, l’accusant « de cacher les pires intentions derrière son sourire ».

Si la campagne et la victoire finale de Zohran Mamdani ne sont pas transposables à la réalité des autres pays, elles donnent cependant quelques clefs de compréhension sur la nature de la bataille idéologique. Les New-Yorkais viennent de faire de leur ville un bastion de la résistance. Ils ont peut-être engagé la vie politique états-unienne dans un tournant. Le pouvoir trumpiste, allié avec les géants de la Silicon Valley aux aspirations totalitaires et avec les suprémacistes blancs et les masculinistes, ne connaît que la brutalité. Et nul doute que celui-ci va se déchaîner pour faire échouer la nouvelle équipe aux manettes de la grosse pomme devenue rouge. Le plus dur commence.

 

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